‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 570 sur 636 · LIV. IV. CH. IV. LE ROI ASSIÉÈGE ET PREND LAON · texte numérisé non relu

LIV. IV. CH. IV. LE ROI ASSIÉÈGE ET PREND LAON

l'artillerie en toute action, bataille ou siége, il foudroya les remparts de Laon avec trois batteries, dont une de treize canons. Il s’aida utilement aussi d’un renfort de 3,900 hommes que Balagny lui envoya du Cambresis. Les Espagnols avaient intérêtà faire échouer l’entreprise : anssi se prêtèrent-ils à fournir un secours. Mayenne et Mansfeld essayèrent de dégager la place; mais après la perte de deux convois, et de quinze cents hommes tués dans plu— sieurs combats, ils furent contraints de s’éloigner. Laon capitula le 22 juillet et ouvrit ses portes au commencement d'août. La France et le roi perdirent au siége de cette ville Givry, maréchal de camp de la cavalerie légère, l’un des officiers les plus instruits de l’armée, et l’homme le plus aimable de son temps, duquel on disait : « Qu’en » esprit, en courage, en bienséance, nature avait mis ses » délices en lui. » Henri ne savait pas aimer médiocrement :1l prisait ces qualités de Givry, et 1l avait oublié les fautes commises par lui au siége de Paris, pour ne se souvenir que des services qu’il avait rendus au camp de Saint-Cloud, à la prise de Corbeil et de Lagny : 1l lui donna des éloges si vifs, des regrets si sentis, que, bien qu'ils s’adressassent à un mort, ils mirent en jalousie ses autres capitaines. Au même siége de Laon, le roi vit poindre chez Biron, le jeune, une ambition capable de tout, et une passion de la gloire poussée au point de ne sonffrir d’autres exploits que les siens. Bien qu'il vint d’être payé de ses services par la première dignité militaire du royaume, il se plaignait sans cesse de n’avoir pas de gouvernement, et il voulait se retirer. Retenu par le loyal et brave La Curée, il se porta avec valeur contre les Espagnols. Mais il trompa le roi, et l’empècha de détruire leur armée au moment de la retraite; ne voulant pas, dit d'Aubigné, que sa belle action du convoi füt obseurcie par une bataille, auprès de laquelle on compterait bientôt

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