SOUMISSION DE CHATEAU-THIERRY, AMIENS ET AUTRES VILLES
pour rien un moindre accident. Henri qui prisait son courage, ses talents, son ascendant sur les soldats, résolut de l'employer utilement pour la France en le surveillant beaucoup, et en le comblant bien davantage d’éloges et de dignités !.
Les revers de Mayenne et des Espagnols au siége de Laon laissèrent un libre cours aux déterminations des villes de Picardie et de Champagne, et au désarmement de ces provinces. « La prise de Laon, comme parle un contemporain, effraya tellement le parti de l'Union, que la plus grande partie des villes de Picardie envoyèrent leurs députés au roi, pour le prier de les recevoir en grace. » La terreur des ligueurs de Champagne ne fut pas moins vive. Tandis que Henri campait encore sous les murs de Laon, le gouverneur et les habitants de Chàteau—Thierry, en Champagne, qui redoutaient d’être assiégés par lui après Laon, lui envoyèrent une députation pour se replacer sous ses lois (juillet). En Picardie, Amiens fit sa soumission le 14 août. Mayenne y était venu et avait essayé de retenir les habitants dans son obéissance et dans le parti de la Ligue. Après son départ, ils prirent les armes, engagèrent avec résolution un combat contre le duc d’Aumale, gouverneur de la ville et de la province, le chassèrent, et ouvrirent leurs portes à d'Humières et aux troupes du roi, sans prendre aucune précaution pour leur süreté. Henri touché de leur confiance, leur accorda peu après un édit par lequel en leur donnant pour la religion les mêmes satisfactions qu’aux autres villes de la Ligue, il les confirmait dans leurs priviléges, franchises, immunités, et laissait à leur maire et à leurs échevins le gouvernement civil et militaire. De
1 D’Aubigné, 1. 1v, c. 5, t. I, p. 342-345. — P. Cayet, 1. vi, p. 579- 582, 585 B.—Thuanus, I. CxI,S 1-4, t. v, p. 421-426.—P. Matthieu, E. 1. p. 477, 178. — Sully, Œcon. roy., c. 53, 54, p. 154-160.