‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 578 sur 636 · LIV. IV. CH. IV. PREMIÈRES DÉFECTIONS EN BOURGOGNE · texte numérisé non relu

LIV. IV. CH. IV. PREMIÈRES DÉFECTIONS EN BOURGOGNE

Un fait non moins significatif, non moins désastreux pour Mayenne que l'abandon du chef et des princes de sa maison, c'était la défection des villes de son propre gouvernement. La Bourgogne, dès le commencement du règne, s'était partagée entre le parti du duc et le parti royal. Bien que le parti royal comptât un bien moins grand nombre de villes, et des villes moins importantes, 11 s’était fermement maintenu sous la conduite de Guillaume de Tavannes, et avait fait une guerre sans relâche aux cités ligueuses. Les dispositions qui, depuis le commencement de l’an 1594, avaient détaché tant d’autres pays de la Ligue, pénétrèrent en même temps en Bourgogne. Les villes voyant le roi converti et sacré, jalouses de se soustraire aux hostilités des royaux, et de détourner d'elles l’effort des armes de Henri, déclarèrent une première fois au duc que s’il ne coneluait promptement la paix avec le roi, elles abandonneraient son parti. Comme il resta sourd à cette sommation, on vit trois villes 1im— portantes de la Bourgogne, Mäcon, Avallon, Auxerre, se soustraire à son autorité pour rentrer sous celle du roi, dans les mois de février, de mars et d’avril. L’entrainement se communiqua aux autres villes, et au mois de septembre, les élus de la province, même ceux du parti du due, lui éerivirent à Bruxelles que le vœu général du pays était qu'on fit la paix avec le roi. Les mesures qu’il prit pour arrêter celte tendance établirent un violent conflit entre ses gouverneurs et ses garnisons d’un côté, les bourgeois des villes de l’autre, et pour éclater la révolte n’attendit plus que l’appreche d’une armée royale 1.

{ Mémoires de Guillaume de Tavannes dans la Collect. Michaud,

p. 486-499 À. — Dom Plancher, Hist. de Bourgogne, 1. xxin1, p. 617, 618. — Lettre de Mayenne à Philippe Il, dans Cayet, 1. vi, p. 618 B à la fin. — Lettre miss. du roi du 7 août, t. 1v, p. 136, 137, pour Auxerre,

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