‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 595 sur 636 · ADRESSE ET CONCESSIONS UNIES A LA FORCE : FIN DE L’'INSURRECTION · texte numérisé non relu

ADRESSE ET CONCESSIONS UNIES A LA FORCE : FIN DE L’'INSURRECTION

cinq à quarante mille hommes, parmi lesquels trois mille soldats qui avaient porté les armes dans les derniers troubles. On semblait à la veille d’une sanglante collision, quand les députés des insurgés arrivèrent. Les promesses dont 1ls étaient porteurs, la surséance de la levée des tailles, la défaite des paysans du Limosin qui arriva en ce temps, calmèrent un moment l’effervescence. Mais bientôt le feu de la révolte de ralluma. Le vicomte de Bourdeille, sénéchal et gouverneur du Périgord, chargea, rompit à diverses fois, dispersa les bandes les plus échauffées et les plus violentes. À ces moyens de la force, il joignit promptement ceux de la conciliation auprès des masses. Dans deux assemblées qui se tinrent à Limeuil et à Montignacle-Comte, il annonça la ferme résolution du roi de pourvoir aux plaintes de son peuple, de le garantir des exactions et des mauvais traitements : la réduction récente de plusieurs villes, l’affermissement et l’extension de son autorité dans les grands centres, lui en donnaient désormais les moyens. Peu après, Henri joignit à ces assurances un bienfait. Il abolit en faveur des pays insürgés quelques subsides, qui leur avaient été imposés auparavant. Il leur remit les arrérages des tailles et autres subsides que leur pauvreté les avait empêchés de payer depuis 1589, les déchargea d’une obligation qui les réduisait au désespoir, car elle n’allait à rien moins qu’à les contraindre de vendre , pour s'acquitter, tout ce qu’ils possédaient, et à rester eux et leurs familles sans aucuns moyens d’existence. En mème temps, le maréchal de Matignon gouverneur de la Guyenne, dont le Périgord, le Quercy et l’Agenoiïs dépendaient, adopta une mesure de prudence qui hâta la fin du soulèvement. Il fit gagner les trois mille soldats, vétérans des dernières guerres, qui avaient grossi les rangs des paysans, les enrôla, en forma des

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