DANS LE PARTI PROTESTANT PERDENT AINSI LEURS AUXILIAIRES
ment de l'autorité royale dans les quatre-vingts villes ou bourgs qui suivaient encore leur parti au delà de la Dordogne !.
Tout aussi vainement, dans le parti réformé, quelques chefs remuants cherchèrent à exploiter la révolte des paysans dans l'intérêt de leur ambition. Ils avaient transformé la réunion de Fontenay qui ne devait être qu’un synode, qu’une assemblée religieuse, en assemblée politique. A l'assemblée de Sainte-Foy, pour laquelle ils avaient obtenu une permission du roi, dont ils abusèrent, ils arrètèrent l’organisation de leur république protestante, et la division de la France en neuf cereles ou départements réformés. Les Croquants calvinistes s’adressèrent à cette assemblée, lui demandèrent conseil et appui, et lui offrirent leur réciproque alliance. L'assemblée, selon toute apparence d’après les conseils de Duplessis-Mornay, se refusa à prendre part à une révolte ouverte et à traiter avec eux. Mais les meneurs leur donnèrent le détestable con seil de ne pas se séparer, de:se tenir en masses, de multiplier leur nombre, de fortifier leur ligue, de se rendre assez forts pour dicter la loi au gouvernement au lieu de la recevoir de lui {juin, juillet 1594). Le plan des am-— bitieux était de se servir des paysans comme d’une armée, et d'appuyer de leurs forces les décisions qu’ils
-espéraient tirer d’une assemblée convoquée à Saumur sans l'autorisation du roi pour le mois de décembre 1594 ; assemblée dont ils attendaient des litres et des pouvoirs rivaux de ceux du roi, pareils à ceux des stathouders de Hollande. La dispersion des Croquants rompit leurs me-
1 Lettre missive du 8mai 4594, t.1v, p. 150-151. À cette date, le roi dit en parlant de la soumission de Joyeuse qu'il croit prochaine, d'après les promesses et les démarches de ce chef de parti : « Ceste réduction » amene à mon obéissance plus de quatre-vingts villes de mon pays » de Languedoc ou de la Guyenne. »