‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 599 sur 636 · HAÎNE PERSISTANTE DES JÉSUITES CONTRE LE ROÏ · texte numérisé non relu

HAÎNE PERSISTANTE DES JÉSUITES CONTRE LE ROÏ

ses ennemis, et dans bien des cas contre les exactions des officiers des finances, grands et petits, qui trouvaient des complices, des protecteurs, ou d’insouciants surveillants dans le surintendant des finances et dans les autres ministres du roi. Le véritable remède était dans l'extinction de la guerre civile, et dans la réforme financière, seules capables de détruire les violences et les abus qui faisaient la misère et le désespoir des gens de la campagne. Le pays devait attendre ce remède jusqu’au temps où le roi pourrait mettre à ses pieds les derniers chefs de la Ligue, les derniers chefs de l’aristocratie féodale, tant dans le parti catholique que dans le parti réformé, et jusqu’à l’époque où le maniement de la fortune publique serait confié à Sully. Tout, en attendant, n’était qu’expédient. Mais c'était un inappréciable avantage d’avoir, en désarmant les Croquants, empêché le al de s’aggraver, de l’avoir amorti. Henri se disposait à user de cette sorte de répit donné au pays pour attaquer la Ligue dans lorient, l’occident et le midi du royaume, comme 1l l’avait vaincue dans le centre et dans le nord, par les armes et par la politique, quand un attentat furibond, né de la maladie des esprits et de la corruption contagieuse des doctrines, vint menacer cette tête dont dépendait le salut de la nation. La France ne pouvait trouver de chances un peu sûres de destinées meilleures que quand les passions seraient tombées, et malheureusement le fanatisme, comme Fambition, bouillonnaient encore.

Hé restait partiellement en proie à ce désordre moral. La Ligue y avait été abattue, mais une classe de la population en avait gardé les principes et les sentiments, et l’on pouvait justement redouter de voir les funestes effets de ces dispositions éclater d’un jour à l’autre. Pour se rendre un compte exact de l’état des esprits et des partis, 1l faut reprendre les événements au commencement

Page 1