‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 600 sur 636 · LIV. :V. CH. V. LE PROCÈS CONTRE LES JÉSUITES REPRIS · texte numérisé non relu

LIV. :V. CH. V. LE PROCÈS CONTRE LES JÉSUITES REPRIS

d'avril et les conduire jusqu’à la fin de décembre 1594. Après la réduction de Paris, les divers ordres cherchant les moyens d’affermir la paix publique, l’Université avec la Sorbonne ou Faculté de théologie, qui en faisait partie, le collége royal, le corps des curés de Paris, le barreau, la moitié du Parlement, apercurent et signalèrent les premiers le danger qui menaçait l'Etat. Ils virent avec épouvante que l'autorité et la vie du rot, la délivrance, la pacification, la régénération du pays reposaient sur une base que le hasard d’un seul coup pouvait détruire, en faisant crouler tout ce qu’elle supportait. Du 2 au 18 avril, le Recteur et les membres des quatre Facultés de l’Université s'étaient assemblés à diverses reprises, et avaient activement travaillé à obtenir l’assentiment du clergé régulier et des divers ordres religieux de Paris, à l’acte solennel qu’ils préparaient alors, et dans lequel ils prêtaient serment de fidélité au roi, proclamaient la légitimité de son pouvoir, quoique son absolution n’eût pas encore été ratifiée par le pape. Ils découvrirent bientôt que les Jésuites, dont les deux derniers actes étaient l’en— couragement donné par leur recteur Varade à l'attentat de Barrière, et actuellement le refus de reconnaître l’au-— torité du roi et de prier pour lui, se placeraient à la tête de la minorité réfractaire du clergé, resteraient les obstinés et dangereux ennemis de Henri'. De l’aviset avec le concours des citoyens quiavaient à cœur la chose publique, l’Université et les curés de Paris prirent alors la résolution que commandaient les circonstances. Le 18 avril, 1ls renouvelèrent le procès que l’Université, trente ans auparavant, avait intenté aux Jésuites. Ils présentèrent au Parlement une requête dans laquelle ils disaient : Que dès que la Société de Jésus avait commencé à s'établir en France,

1 Voir ci dessus, p. 559, la citation de de Thou, sur le refus fait par les Jésuites de reconnaître l'autorité du roi et de prier pour lui.

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