‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 614 sur 636 · LIV. IV. CH. V. DOCTRINES DE CHASTEL ET DES JÉSUITES · texte numérisé non relu

LIV. IV. CH. V. DOCTRINES DE CHASTEL ET DES JÉSUITES

gol ne parvinrent qu'avec peine à contenir le peuple, à préserver le collége du sac en y mettant des bourgeois en garde, à transférer et à mettre en süreté les Jésuites dans la maison de Brizard *.

Ces violences prévenues, le cours fut rendu à la justice. Chastel transféré à la conciergerie du Palais, fut interrogé d’abord par les présidents et les gens du roi du Parlement. L’instruction prouva que la perversion des idées religieuses avait amené le crime, et qu'après avoir conduit le pays sur le bord de l’abime par la Ligue, elle pouvait l’y précipiter par le régicide. Chastel n'avait que dix-neuf ans, et 1l tenait évidemment de ses maitres les principes d’après lesquels il avait agi. Coupable de monstrueuses débauches et de pensées plus infâmes encore, il s'était cru irrévocablement dévoué à l'enfer , et il n'avait plus cherché dès lors qu’à diminuer la peine de sa damnation éternelle. Dans le collége des Jésuites, chez lesquels il avait été élevé, 1l avait entendu répéter fréquemment qu'il était permis de tuer le roi, parce que c'était un tyran, et qu'il n’était pas approuvé par le pape. Des entretiens particuliers qu’il avait eus ensuite avec eux, il était résulté pour lui la conviction que cette doctrine était chez eux générale, réfléchie, raisonnée, et sa disposition à l’embrasser s’en était fortifiée. Admis avec

1 Cheverny, Mém., p. 541 À. — Thuanus, $ 18, p. 447. — Lestoile, p. 252 A. — La narration du temps dans P. Cayet, 1. vi, p. 624. « Le serment de luy pris, confessa y avoir longtemps qu’il auroit » pensé en soy mesme à faire ce coup, et y ayant failly, le feroit en- » core s’il pouvoit, ayant cru que cela seroit utile à la religion... Le » conseiller Brisard, l’un des capitaines de ce quartier-là, eut de la » peine à retenir le peuple qui estoit esmeu contre eux, sur ce que » l’on disoit qu'ils avoient voulu faire tuer le Roy... Il entra dedans » le collége, et ayant faict assembler tous les Pères et principaux Jé- » suites, il les fit conduire en sa maison, et laissa quelques bourgeois » en garde dans ce collége. » — Le collége occupé par les Jésuites à Paris, rue Saint-Jacques, se nommait le collége de Clermont; il est devenu plus tard le collégé Louis-le-Grand.

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