‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 623 sur 636 · DOCTRINES DES JESUITES SUR LE RÉGICIDE ET LES DEUX POUVOIRS · texte numérisé non relu

DOCTRINES DES JESUITES SUR LE RÉGICIDE ET LES DEUX POUVOIRS

L’Avertissement contenait deux choses distinctes : un formulaire sur la situation de la France, sur les obligations auxquelles les citoyens étaient tenus ou n’étaient pas tenus à l'égard du souverain de fait; des principes généraux en matière de gouvernement applicables à tous les Etats de l’Europe. Dans ce qui touchait à la France, les Jésuites déniaient à Henri le titre et l’autorité de roi, que plus des trois quarts du royaume lui déféraient maintenant : ils ne le reconnaissaient habile à les obtenir «ue lorsqu'il les aurait reçus du pape avec l’absolution , lorsqu'il serait relevé de la déchéance prononcée contre lui par la bulle de Sixte-Quint. Quant au gouvernement sénéral des États, ils l’établissaient sur ces bases. Les papes avaient recu de Jésus-Christ, tenaient de Dieu un souverain pouvoir sur tous les royaumes de la terre : les rois restaient absolument et toujours leurs justiciables : les droits que ces princes tiraient des lois politiques, du vœu et du vote des peuples, étaient mis à néant par une seule décision des pontifes, arguant contre eux, et sans le con— trôle du corps de l Fa de la violation vraie ou prétendue de la loi re: Les chefs des États, déclarés tyrans et usurpateurs par le Saint-Siége, et par des docleurs approuvés, devenaient dès Hot ennemis publics : l'État pouvait faire tomber leurs têtes, chacun des citoyens les frapper et en délivrer le pays. Dans les conflits entre l'État et le Saint-Siége, les corps chargés de la défenses des pouvoirs “HR 40 maintien des ne non-seulement ne pouvaient opposer à la cour de Rome la loi civile

» l'Eglise, jusqu'à ce qu’il ait l'approbation du pape, à quelle raison » peut-il estre reprins? Attendu que Sixte V l’auroit déclaré relaps, » l’inhabilant par le pouvoir donné à saint Pierre sur tous les royaumes » du monde à toule succession de royaume, nommément de celuy de » France. Ce qui depuis a esté encores confirmé par Grégoire XIV en » ses lettres monitoriales au clergé et à la noblesse de France, et de » plus advoué par N. $S. P. Clément VII. »

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