LIV.1. CH. I. MINORITÉ DE LA NOBLESSE DANS LE PARTI DE LA LIGUE
première campagne, le parti royal trouve par centaines des nobles pour adversaires, à chacun des combats qu'il livre, des siéges qu’il entreprend, en Bretagne, Anjou, Maine, Auvergne, Guienne, Languedoc ; Provence. On peut estimer à un quart de la noblesse le nombre des sentilshommes qui, dans le principe. se prononcèrent pour l'Union ‘. Aïnsi, soit sous les murs de Paris, soit dans les provinces, le parti royal trouvait aux premiers jours du règne de Henri IV des adversaires qu'il n'avait pas eus pendant les derniers mois du règne de Henri HT.
Paris exercait dès lors une influence marquée sur les provinces, comme le remarque Pasquier, et 1l avait donné le branle à la grande insurrection contre Henri III. Toutes les menées et toutes les intrigues s’y ourdissaient : c'était donc le centre et le cœur de la Ligue. Henri sentait de quelle importance il était de s’en saisir; mais 1l se trou— vait hors d'état de réaliser ce projet. L’assassinat de Henri IT avait permis à Mayenne d'introduire dans la ville un corps de troupes qu’il avait joint à la milice armée des bourgeois. Ce crime avait de plus inspiré aux Ligueurs un détestable, mais redoutable enthousiasme, et une confiance sans bornes. Si Henri, réduit à 22,000 hommes environ, tentait une attaque générale et un assaut, le succès était douteux, et un revers ruinait ses
1 Thuanus, L. 97,8 5, p. 796. « Una cum aliquot aliis ex nobilitate.» — P. Cayet, L 1, p. 193-198. On voit par les curieux et rares Mémoires de Jehan de Vernyes, p. 85, que dans quelques provinces, notamment en Auvergne, le nombre des nobles tenant le parti de la Ligue éga- -lait celui des nobles suivant le parti royal; mais c’est l'exception. « Au bas pays d'Auvergne, il y a deux mille gentilshommes, chefs de » maison, dont les deux tiers ne bougent de leurs maisons, et la plu- » part d’iceux sont de la Ligue en leurs âmes : l’autre fait la guerre, » et dans ce tiers, les trois parts suivent le parti rebelle, et le reste » le parti du roi... Au haut pays d'Auvergne, il y a quatre cents gen- » tilshommes portant les armes, dont les trois parts sont serviteurs » du roi, et les Ligueurs HÉDVeNE faire cent maîtres, »