SES MOTIFS POUR SE PORTER EN NORMANDIE
les munitions, l'argent, dont 1l manquait absolument. Les contemporains, qui font de la guerre et du gouvernement avec du bon sens et non avec des phrases, remarquent qu'il avait surtout besoin de prendre l'argent des recettes et de nourrir son armée. La Normandie, la province la plus riche de France, réumissait toutes ces conditions. À ces motifs généraux qui l’attiraient déjà vers ce pays, des motifs particuliers venaient se Joindre pour l’y entrainer. Ses serviteurs l’informaient que les populations et les corps qui avaient embrassé son parti avaient besoin d'y être affermis par sa présence, et d’être défendus des séductions plus encore que des attaques des Ligueurs leurs voisins. Plusieurs échevinages de villes, plusieurs gouverneurs offraient de se prononcer en sa faveur, à l'approche de son armée, ce qu'ils n’avaient osé. faire loin d’elle. Le duc de Montpensier, retourné dans son gouvernement, avait réuni aux Andelys 800 gentilshommes et 4,000 hommes de pied normands : 1l offrait d'aider avec ces forces les opérations du roi, et laissait entrevoir la possibilité de s'emparer de Rouen même. Tout se réumissait donc pour donner à Henri l'espoir qu'il établirait en Normandie son autorité dans une étendue de territoire au moins égale à celle qu'il venait de soumettre dans l'Ile-de-France, et dans la portion de la Picardie d'alors où se trouvait Senlis. Enfin 1l calculait qu’en se portant en Normandie, en y attaquant les villes ennemies, 1l attirerait sur lui l’armée de la Ligue, et donnerait aux places qu’il possédait autour de Paris, - Etampes, Pontoise, Meulan, Senlis et autres, le temps et les moyens de se mettre en état de sérieuse défense. Toutes avaient besoin d’ajouter à leurs fortifications, d’amasser des vivres et des munitions; et les deux premières qui avaient été prises par batterie, n’avaient pas encore réparé leurs ruines. Henri leur ménageait un