‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 79 sur 636 · LE ROI DE LA LIGUE ENFERMÉ A FONTENAY , EN POITOU · texte numérisé non relu

LE ROI DE LA LIGUE ENFERMÉ A FONTENAY , EN POITOU

magistrats, déclarés tout d’abord pour Henri IV, on a environ la moitié de la population et du territoire.

D’après le nombre restreint de partisans déclarés que le roi compta d’abord, son avénement au trône était entouré d'énormes difficultés. Ces difficultés se seraient accrues encore s'il avait eu un compétiteur au trône, pris dans la maison de Bourbon, choisi dans la branche catholique, reconnu non pas seulement par la Ligue, mais par deux des princes du sang, cherchant dans ce précédent à se créer des droits pour eux-mêmes; par quelquesuns des grands seigneurs défectionnaires; par le parti de .ces catholiques ardents dont d’O était le chef, et qui était si disposé à une défection depuis que le roi lui avait refusé d’abjurer sur-le-champ et sans instruction. La situation déjà si périlleuse de Henri IV ne se chargea pas heureusement de ce nouveau danger, sous lequel 1l aurait succombé peut-être. Son oncle, le vieux cardinal de Bourbon, que la Ligue avait désigné pour successeur à Henri II dès 1585, était enfermé au château de Chinon, sous la garde du gouverneur Chavigny. D'une part, La Chastre essayait pour la Ligue de se saisir de la personne du vieux prélat, en offrant de l'argent et en formant une entreprise à main armée. D’un autre côté, le comte de Soissons et son frère le cardinal de Vendôme pressaient Chavigny de leur remettre le prisonnier. Dans cette tentative, ils étaient aidés par le duc d’Epernon, qui en ramenant ses sept mille soldats dans son gouvernement d’Angoumois, les faisait avancer jusqu’à Noastre. Les menées furent si actives, et la délivrance du vieux compétiteur parut si probable, dans Le cours du mois d'août, que les membres du parlement de Tours les plus dévoués à la cause du roi, crurent travailler dans son intérêt en proposant un moment que l'autorité souveraine füt par— tagée entre lui et son oncle. Ce coup fut rompu par l’ha-

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