LIV. I. CH. I. LES NEUTRES. PARTAGE LE LA FRANCE
cières, pour sauver le corps de la monarchie; et dans les emprunts, dans les aliénations qu'il prévoyait, qu'il considérait comme inévitables, la réunion à la couronne l'aurait soumis à des formalités, jeté dans des difficultés auxquelles il importait d'échapper ‘. Les domaines qu'il tenait en fiefs ne furent unis à la couronne qu’en 1607, et ses pays souverains de Navarre et de Béarn que sous son successeur.
En examinant quelle fut la portion héroïque de la France qui eut le courage de reconnaitre Henri IV dès les premiers jours de sôn règne, et qui par cette résolu— tion contribua au salut du pays; en récapitulant le nom-— bre des gouverneurs, des fractions de parlements, des villes et des portions de provinces, on trouve que le tout ensemble formait à peine la sixième partie du royaume. Mais il ne faut pas croire, sur la foi de beaucoup d’histo— riens, que le reste de la France suivit le parti de la Ligue : c’est une grave erreur. Une masse considérable de villes et de provinces, ou portions de provinces, embrassa la neutralité, à l'exemple de Bordeaux et de la Guyenne, dont la singulière résolution doit être spécialement mentionnée. Bordeaux et la Guyenne observèrent un édit de leur parlement, en date du 19 août, qui flétrissait l’assassinat de Henri ITT, assurait aux calvinistes la liberté de conscience, et ordonnait aux Ligueurs qui avaient pris les armes de les déposer. Mais dans tous les actes publics, elles s’opiniâtrèrent à placer le nom et le sceau de Henri TT, comme si la France eût été en interrègne ?. Les villes et les provinces demeurées neutres voulurent voir quelle serait la conduite de Henri IV à l’égard du cathohcisme, et quelle serait aussi sa fortune, avant de prendre un parti. En joignant aux neutres, les pays, gouverneurs,
1 Madame Du Plessis, Mém., p. 184.
9 Thuanus, lib. xcvir, $ 9, et lib. xcix. $ 13, t. 1V, p. 800, 884.