ROYAUTÉ DE CHARLES X ; LIEUTENANCE-GENÉRALE DE MAYENNE
le conseil avait fait rejeter cette proposition anti-guisarde etsurtout anti-francaise. Dans la déclaration, le lieutenantgénéral provoquait de plus une croisade contre Henri IV. Tous les catholiques, disait-il, devaient s’unir à lui pour assurer la gloire de Dieu et le salut des hommes. Jusqu'alors ils n'avaient eu à combattre que les ennemis secrets de la religion ; mais à présent c'était aux hérétiques eux-mêmes, aux edhemis déclarés de l’Église, qu’ils avaient affaire : c’étaient eux qu'ils ac combattre jusqu’à la mort, en prenant Mayenne et Les princes de la maison de Guise pour chefs de cette sainte entreprise. Le parlement de Paris, épuré par Bussy-Leclere et réduit à soixante-dix-huit membres, enregistra la déclaration de Mayenne le 7 août, et donna ainsi l’éxclusion à Henri IV. La portion ligueuse du parlement de Toulouse défendit, sous peine de mort, de le reconnaitre, et le déclara déchu de ses droits à la couronne, conformément à la bulle d’excommunication de Sixte-Quint (22 août). Le parlement ligueur de Rouen déclara ses partisans criminels de lèse-majesté divine et humaine, ennemis de Dieu, de l'Etat et couronne de France (septembre) !
Ainsi, pour l'exclusion de Henri IV, pour l’établissement it gouvernement de la Ligue, il y avait, après 13 D ou du clergé ligueur, la sanction des pouvoirs
1 Recueil des anc. lois franc., t. xv, p. 5-8. La déclaration de Mayenne, qui date du 5 août, reconuait la royauté de Charles X : « À ces causes, en attendant la liberté et présence du roy. » Gette reconnaissance du 5 août est indépendante d’une proclamation qui eut lieu le 21 novembre 1589. Les historiens modernes, en rejetant la royauté de Charles X à cette dernière date, induisent dans une grave erreur. — Ces arrêts des portions ligueuses des divers parlements sont également omis ou intervertis dans toutes les histoires. — Nous avons fait remarquer plus haut, que les parlements du royaume se divisèrent en deux fractions, l’une royaliste, autre ligueuse. La portion royaliste du parlement de Paris était à Tours en très grande
majorité ; celle du parlement de Toulouse à Carcassonne; celle du parlement de Rouen à Caen.