A DARNETAL. IL VA PERSONNELLEMENT A DIEPPE
Aussitôt que l’armée royale y fut établie, des combats d’avant-postes commencèrent entre elle et la garnison. Pendant ces préludes d’un siége, Henri laissant le com-— mandement de l’armée au maréchal Biron, courut luimême, avec quatre ou cinq cents cavaliers, jusqu’à Dieppe, qui s’était prononcée pour lui dès le 6 août, mais dont il voulait éprouver la fidélité et affermir le dévouement !. |
La ville de Dieppe était alors riche et forte. Son port était l’un des meilleurs de la Normandie , à une époque où presque tous les hâvres étaient encore resserrés dans d’'étroites dimensions. Son commerce était prospère , ses marins renommés par leur audace et leur habileté, la grande majorité de sa bourgeoisie parvenue à l’aisance ou à la fortune par son industrie. Elle comptait vingteinq mille citoyens dans les murs , et cinq mille au faubourg du Polet. Ses fortifications et son organisation militaire lui donnaient les moyens d’opposer une opiniâtre résistance à quiconque l’attaquerait. Elle était défendue par une citadelle bâtie dans ces derniers temps audevant et à gauche du château ; par le château assis sur une falaise élevée ; par une enceinte de murailles flanquée de tours de distance en distance ; par d’autres ouvrages exécutés dans le port et sur la plage. La population de la ville avait été organisée militairement par le gouverneur À ymar de Cbase. Les compagnies de la mi- Fe bourgeoise avaient été doublées, et portées à trois ou quatre cents hommes chacune, hiombre qu'il importe de remarquer. Cette milice avait été soigneusement armée, etaguerrie dans de nombreuses expéditions contre les ennemis du voisinage. À ces forces, le gouverneur et l’échevinage d'accord entre eux, avaient Joint, depuis les bar- ricades, des troupes mercenaires, payées avec un emprunt
1 D’Angoulesme, Mém. p. 71, 72. — Discours au vrai p. 7.