DÉFAITE DES CATILLONNAIS. RÉDUCTION DÉ NEUFCHATEL
gueurs qui battaient toute la haute Normandie; et que maintenant, il venait avec une poignée de ses serviteurs se mêler à une multitude armée. L'auteur de la relation à laquelle nous empruntons ces détails ajoute : «Sa majesté fut reçue en grandes acclamations par le peuple ; et ce qui fut bizarre mais réjouissant fut de voir le roi entouré de près de six mille hommes armés, lui n'ayant qu’un petit nombre d'officiers à sa main gauche » f. Henri paya sa bienvenue aux habitants en les délivrant d’une gène et d’un danger de tous les jours. La ville ligueuse de Neufchâtel, située à sept lieues de là, coupait le passage aux Dieppois, empêchait leurs communications et leur commerce avec tous les pays circonvoisins. Le roi l’envoya investir par les sieurs de Guitry.et de Hallot, avec une partie des nobles normands qui avaient accompagné dans son voyage, et des troupes tirées de Dieppe. Catillon, gentilhomme du pays, s’avança au secours de Neufchâtel avec quinze cents paysans, mêlés de soldats, qui de son nom avaient pris le nom de Catillonnais *. C’étaient des imitateurs et des successeurs des Gautiers, partis de la légitime défense contre la soldatesque pour arriver au brigandage, amis de Dieu et de la Ligue, et ennemis de tout le monde : du roi pour ne plus obéir à aucune autorité et pour ne plus acquitter d’impôts ; de la noblesse pour ne plus payer de redevances et pour piller ses châteaux ; des Dieppois pour dévaliser leurs marchands. La noblesse chargea impétueusement les Catillonnais, les mit en déroute, en tua ou en noya - huit cents, dispersa le reste. Neufchâtel fut pris, ce re-
1 Relation de l’entrée du roi à Dieppe, dans le journal militaire de Henri IV, publié par M. de Valori, p. 39, 40. — Discours au vrai, D: 7:
2? Les détails historiques sur les Catillonnais expliquent deux passages de la satire Menippée, p. 24, 192, éd. 1726. Dans les divers comtemporains le nom du chef est écrit : Castillon, Chastillon.