LIV. 1. CH. HI. HENRI ATTIRE L'ARMÉE DE LA LIGUE EN NORMANDIE
événements des quatre premières années de ce règne. Les historiens originaux signalent judicieusement limportance de læ possession de ce riche pays *.
De retour à son camp de Darnetal, Henri fit tontes les démonstrations qui pouvaient donner à croire qu’il allait entreprendre contre Rouen un siége en règle. Il brüla les moulins des environs, et priva ainsi les habitants d’une partie de leurs subsistances : 1l dirigea de contmuelles attaques contre les portes de leur ville. Leur épouvante fut extrême : ils appelèrent Mayenne à grands cris, et n’eurent pas de cesse qu’ils n’eussent tiré de lui la promesse de s’avancer sans délai à leur secours. Ilse mit en effet à la tête de ses troupes, et prit sa marche vers la Normandie. Ge que Henri avait projeté et préparé pour une diversion s’accomplissait ainsi de point en point. Le duc, en se portant à la défense de Rouen et de la Ligue en Normandie, laissait en plein repos les villes et les pays que le rot tenait autour de Paris 2.
Le contentement que la réussite de cette combinaison répandit un moment dans le camp royal fit place bientôt aux plus sérieuses inquiétudes. On apprit que Mayenne, avec des levées faites en France et à l'étranger beaucoup plus rapidement qu’on ne l'avait cru, avec des forces dépassant toutes les prévisions, s’acheminait droit au roi,
1 Lettres missiv. de Henri IV, des 27 août, 27 septembre, 11 octobre 1589, t. 111, p. 29-31, 49, 86. Ces lettres prouvent que parmi les villes normandes indiquées dans le texte, Dieppe et Caen se sont prononcées pour Henri, et fournissent les plus utiles secours à son armée et à son parti, depuis le commencement de la lutte entre le roi et Mayenne, aux environs de Dieppe et d’Arques. — Le manuscrit n.1, p. 33, 34, Davila, L. x, t. 11, p. 503, in-4°, témoignent de l’accession de Saint-Lo, Coutances, Carentan. — Pour confirmation de quelques-uns de ces détails, voir : Discours au vrai, p. 7, 8. — Groulart, Voyages en cour, ch. 2, t. x1, p. 556 A. — D’Angoulesme, t. XI, p. 72 B. À ? Discours au vrai, p. 9. — D’Angoulesme, t. x1, p. 72 B.