‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 98 sur 636 · GRANDES FORCES DES LIGUEURS. CONSEILS REJETÉS PAR LE ROI · texte numérisé non relu

GRANDES FORCES DES LIGUEURS. CONSEILS REJETÉS PAR LE ROI

avec la résolution de le poursuivre partout, de s'attacher uniquement à sa personne, de s’en saisir à tout prix. Pour résister à ces masses, Henri n'avait plus que 9,000 fantassins et 800 cavaliers. Alors les sollicitations de la petite prudence qui l'avaient assailli au camp de Saint-Cloud recommencèrent. Les uns voulaient que, sans perdre un moment, avec 500 chevaux d’élite et libres de tout bagage, il entreprit de gagner la rivière de Loire et de se rendre à Tours. Les autres Le pressaient de s’embarquer pour l'Angleterre, et d’aller y chercher les secours d'Elisabeth. Le maréchal de Biron insistait surtout pour qu’il se mit à l'abri, pour qu'il se conservât, ajoutant que pourvu que cela füt, tout irait bien, et qu’il se chargeait de tirer l’armée du pas difficile où elle était engagée. La proposition impliquait à la fois une question d’honneur, puisqu'il s'agissait pour le roi de fuir devant ses ennemis et d'abandonner ses partisans au plus fort de leur danger, et une question politique, puisque son séjour en France ou son départ entrainaient avec eux d’incalculables conséquences, tout un avenir d'incertitude, avec une honte pour seul précédent. IL les résolut en homme habitué dès longtemps à ne jamais séparer ce qui était honorable, de ce qui était, ou paraissait utile. La Force, l’un de ceux qui assistaient à ces délibérations du camp nous dit : « Le roi ne put jamais goûter aucun de » ces expédients. Il répondit : qu'il n’abandonneroit ja- » mais ses serviteurs. Que se retirer au-delà de la rivière » de Loire, c'était abandonner la meilleure partie de son » Etat, ôter le courage à tous ceux qui lui étoient affec- » tionnés en-decà, et l’en priver pour jamais. D’aller en » Angleterre, qu’il le feroit encore moins ; qu’il ne se- » roit jamais dit que ses ennemis l’eussent chassé de son » royaume, et qu'il étoit résolu d’y mourir les armes à la » main, » Et comme les partisans de la retraite insis-

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