‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 128 sur 158 · ACTIVITE ET ADRESSE DES BOURGEOIS ET DE BRISSAC · texte numérisé non relu

ACTIVITE ET ADRESSE DES BOURGEOIS ET DE BRISSAC

Saint-Denis, ses serviteurs à Paris, ne travaillaient* pas avec une moindre ardeur à faciliter son entrée. Les colonels et les capitaines de quartier passèrent la nuit du 21 au 22 mars sous les armes, et les firent prendre à tous les boui^;eois Politiques, sans les mettre dans le secret de l'entreprise. Sur des billets signés de Lhuillier et de Langlois, ils répandirent le bruit que la paix était accordée entre le roi et Mayenne, et ils invitèrent tous les bons citoyens à s'armer eux et leurs amis, pour favoriser le lendemain l'entrée dans Paris des députés des deux partis qui viendraient proclamer la paix, objet de tous les vœux : les Espagnols et les Seize tenteraient nécessairement de s'y opposer ; il s'agissait de les contenir, et les bourgeois étaient invités à s'y employer avec vigueur. Entre les capitaines espagnols, le plus vigilant et le plus déterminé était Jacques Ferrarois : dans le combat entre les deux partis, oo avait à redouter de sa part une énergique résistance. Brissac s'en débarrassa avec babikté. Il lui dit que le roi dirigeait un convoi considérable d'argent de Palaiseau sur Saint-Denis, et lui proposa de s'en saisir. Le capitaine partit aussitôt, avec les compagnies qu'il commandait, à la poursuite de cette capture imaginaire. Brissac détourna avec une égale adresse le danger qui menaça un moment le dessein arrêté. Le soir du 21, Féria et d'Ibarra reçurent avis que les royaux attaqueraient la ville, avec la fausse indication que la tentative aurait lieu à minuit, et avec l'énoncé sous forme de doute, que Brissac la seconderait. Féria invita le gouverneur à veiller et à faire la ronde le long des murailles, lui donnant pour escorte des capitaines espagnols, qui avaient ordre de le tuer s'ils entendaient le moindre bruit au dehors. Brissac les promena dans tout Paris de minuit h deux heures, et les ramena harassés au logî:^ de Féria. A deux heures, les Seize, qui jusque-là avaient veillé

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534 LIV. IV. CH. It LES THOUPES DU ROI tKTROMIITEâ DUS U TIUX.

dans divers corps <te garde, ne voyant paraître ancan ennemi, et convaincus qu'on leur avait donné une Eaosse alarme, regagnèrent leurs maisons. A trois heures, dans les divers quartiers, les Politiques prirent les armes, et commencèrent cbacuo à se rendre sans bruit aux. postes qui leur avaient été assignés. Brissac commanda k un corps de garde établi près du logis du duc de Féria, de faire feu sur ceux qu'il y avait reconduits, s'ils essayaient d'en sortir. De là le gouverneur et LbuiUier, suivis d'aoe forte troupe de l>ourp:cois, marchèrent à la Porte-Neuve et s'en emparèrent : Langtois se saisit en même temps de In porte Saint-Denis. Un peu au-delà de quatre heures du matin, Langlois lit abaisser h bascule, alla recoonaltre Vitry qui se jtrésentait à la tète d'un détachement royal, lui livra la porte Saint-Denis, et selon l'ordre arrêté, occupa aussitôt avec lui les remparts. De leur côté, Brissac et Lhuillier ouvrirent la Porte-Neuve à Saint-Luc et aux soldats. qu'il commandait, à de Vicel k 400 hommes de la garnison de Saint-Denis, suivis bientôt de d'Humlères, de Belin, du capitaine Durolel et de leurs corps de troupes. A l'autre extrémité de la ville , dans le quartier Saint-Paul , le capitaine Grossier fit abaisser la chaîne qui traversait la rivière de l' Arsoial au quartier de la Tounielle : d'accord avec le sieiu-dela Chevallerie, lieutenant de l'artillerie, qui était maître à l'arsenal, il introduisit les garnisons de Corbcil et de Melun ■. La première partie du plan arrêté se trouvait ainsi accomplie : les troupes du roi étaient dans Paris.

L'invasion fut conduite d'après un plan savant de stratégie, et d'après les dispositions connues d'avance des chefs de quartier. Paris conservait encore alors ses trois

I Mezeraï- Grands biatoire, p. 107C. — P. Cajet, 1. vi, p. 56*, MS- — Ustoile el soo Supplément, p. SU, ÎIS B, îîï B.— DaviU, I. m, p. «B.

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