‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 133 sur 158 · e. Ma Ligne · texte numérisé non relu

e. Ma Ligne

■ Espagnols.

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572 LIV. IV. GH.lV.SOtmiSSlON DBFINIT.de VILLBROVETD'ALUfCODBT.

gne «iiilK «lui de Proicoce. Le (lUa quil lltn, tx «lin que rcodrnt la CDUTCrDiun partICDllen, apte* In non du ohrf llgurur SuIntPal, compIMnit Is (DUmiulon de I* <Jhim|H>tt'>e- — Dani te ([auvenirnieal pattUalkT de Mii;eDDC, di(iH la Bourgogne, le* vlllei et lei Élui de la proilnee tamaiu

braneol le parti du roi (HirtCMiuil IW*)

L'exemple àe Paris fit pour la soumis^oD ce qu'il avait £ait pour la révolte après la journée des Barricades : il décida beaucoup de villes, de communes, beaucoup de gouverneurs encore incertains. L'activité et les succès militaires de Henri et de ses lieutenants en entraluèreot une foule d'autres. Le résultat de ces réductions fut de ramener presque entièrement la Ligue française sous l'autorité du roi, de détruire à moitié la Ligue guisarde, de mettre fin à la guerre civile dans plus d'un quart du royaume. Dès lors Henri donna la loi aux trois quarts de la France.

Villeroy et son fils d'Alincoiul quittèrent la trêve et la neutralité qu'ils avaient sollicitée, embrassèrent ouvertement le service du roi deux jours après son entrée à Paris, et lui livrèrent Pontoise dans l'Ile-de-France '.

A la suite d'une épineuse n^ociation, conduite par Rosny, Villars acceptait un traité qui devait replacer sous la loi de Henri Rouen, le Havre, Harfleur, Montivillier. Pont^Audemer, Vemeuîl. Mais Villars mettait sa soumis sion à un prix exorbitant. Il exigeait la charge d'amiral de France, le gouvernement en chef des bailliages de Rouen et de Caux, c'est-à-dire outre le gouvernement particulier de Rouen, la domination de toute la Normandie entre la Seine et les frontières de l'Ile-de-France et de la Picardie; enfin une somme de 3,477,800 livres, correspondant à plus de 12,500,000 fr. d'aujourd'hui *. Rosny

■ La date de la réduction de Villerojr, de d'AUncourt el de PonUibe est indiquée dans t'édit pour la réduction de Pari», tolio 17 recto. Cel èdil cjt du 3S mars, et indique la réduction de Poutoiee comme opérée quelques jours auparavant.

* Sull;, CEooa. roy., c. il, 1. 1, p. 1S7 A ; c. 1B1, t. il, p. 30 A.

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SOUMlSeiON DB VnXABS AVBC BOUEN BT CWQ AUTRES VILLES. 573

hésitait à iDÛiger au roi et au pays de si dures conditions. Henri montra alort; que tout dans sa conduite était réfléchi, calculé, dicté par une politique que l'expérience pratique et l'étude des temps précédents avaient également mûrie. Arrêté à l'idée que rien n'était si dangereux, ni même si coûteux pour la France que la révolte, l'auarehie, le partage du pouvoir souverain, il écrivit à Rosny :

• MuQ >my, vous esles une beste d'user de tant de remises, et apporter Unt de difBcultei et de menuge, en une afiaire de laquelle la conclusion m'est de si grande imporlance pour restablissemeut de mon authorilé et le soulagemenl de mes peuples. Ne vous souiienlil plus des conseils que tous m'avez tant de fois donaez, m'aliéguant pour exemple celuj d'un certain duc de Milan au roy Louis XI, au temps de la guerre nommée du Bien puÈii'c, qui esloit de séparer par inlerests particuliers tous ceux qui estoient liguei contre luy, qui est ce que je veu^ eeeajer de faire maintenant ; ajrmant beaucoup niieui qu'il m'en coûtu deux fois autant, en Iraiaillant séparément avec chaque particulier, que de parvenir k mesmes effects par le mojen d'un (raiclé géuërat faicl avec un seul chef (comme vous saviez bien des gens qui me le vouloient ainsi persuader) qui pust par ce mojen entretenir toujours un parlj formé dans mon Estât'. Parlant ne voua ainuaez plus i faire le respectueux pour ceux dont il est question *, lesquels nous contenterons d'ailleurs ; ny le bon mesnager ne vous arrestaul i, de l'argent : car nout payerons tout det mamet ehoiet qut f on nout livrera, luquella, l'il noua failoit prendre par la force, netu eontleroient dis fait autant... Concluez au plus losl avec M. de Villars. Puis, lorsque je sera; roj paisible, nous userons des bons mesnages dont vous m'avez tant parlé, et pouvez tous assurer que je n'épai^neraj travail , n; ne craindray péril pour eslever ma gloire et mon Estât en leur plus grande splendeur. Adieu, mon am; *. ■

Le traité fut conclu, conformément aux larges vues du roi, par l'habileté, le sang-froid, l'infatigable activité

< Ud trsilé général que Henri aurait fait avec le duc de Mayenne. ' Biron, Montpenaier, Boisrozé (SuUy, c. 4Î, p. 186 A). > Lettres missives, 8 muns 1594, t. iv, p. 110, lit. — Sully, (Ecou. roy.. Ci «, t. I, p. 1B6, 1Ï7.

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57i UV. IV. CB. [V. TOUTE U HORMANDIK RÉDnre.

de Rosny. L'une des quatre villes les plus importantes du royaume, et avec elle tout le reste de la Normandie moins deux places, l'un des deux capitaines les plus habiles et les plus braves de la Ligue, furent réduits sous l'obéissance de Henri (27 mars 1 594). Par leur exemple autant cpie par les ressources qu'ils fournirent, ils contribuèrent puissamment à la soumission des autres provinces. La fraction royaliste do Parlement de Normandie établie à Caen , et pré^dée par le grand citoyen Groulart qui avait rendu au parti national d'inappréciables sévices, la partie royaliste du Parlement de Normandie revint à Rouen, et se confondit avec le Parlement ligueur (26 avril). L'unité et la régularité de la justice , l'empire do la loi , y furent rétablis presque en même temps qu'à Paris. Après la soumission de Villars, les gouvoneors ligueurs qui ne dépendaient pas de lui en Normandie, ne pouvaient plus tenir. Au mois d'avril, le commandeur de Grillon capitula avec le duc de Montpensier pour Houfleur, et Fontaine-Martel rendit Neufchàtel, l'unetTautre moyennant récompense. Leur désarmement compléta la réduction de la Normandie '.

Le mouvement de réduction s'étendit rapidement de rne-de-France et de la Normandie à la Champagne à la Picardie . Le duc de Guise était gouverneur de Champagne

' Poar l'ensemble àee néii^ciatioDg relativeg k U réduction de Villars el de Rouen, TOjei Sully, OEuon. roy., c. «S, *6, <7, t. i, p. iïl- 1S9. — P. Ga]ret,Chr. novean., 1. ti, 1. 1, p. 571. — LestoUe, p.ïîïA, — Snppl., p. 136 A.— Tbuanus, 1. as, Ç 8, t. v, p. 3SB.— D'Aubignë, t. IV, c t, t. m, p. SS8. — M. Floquet, Hûl. du p&rleiueQl de Norluandie, t. m, p. 611-633. — LeUree pateotea en tonne dédit, sur U réduction des villes de Roueu, le Havre, etc., dans le Re«neil dee Edicls ia roy Henry IV, sur h. réunion de ses snbjects Toi. 31-16. — Pour la réduction de HotiCleur et de NeutchAtcl avec leurs gourerneurs, voyei Thuanus 1. ax, g 8, t. v, p. 958, et l'élal des sommes payées aux cbeta de la Ligne, fourni psr Groulart, pièce qui se tronre |karmi les Documents tiistoritiues imprimés k la fin de ce volume.

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SODMISSION M DtTSRSBS VILIBS EN CHANPAfflffi BT SN PICARDIB. 575

et avait établi sod frère, le prince de Joinville, pour gouverneur parUculier de Troyes, capitale de la province. Le duc d'Aumale avait le gouvernement de Picardie, qui comprenùt alors plusieurs villes et pays annexés plus lard à l'Ile-de-France. Les prince» lorrains essayèrent de lutter contre le torrent, mais le torrent les emporta ; les échevins et les habitants des villes , parlont où ils étueot maîtres chez eux, les gouverneurs particuliers, précipitèrent leur soumission.

A Troyes, en Champagne, les boui^eois se soulevèrent le S avril : comme leur viUe était un grand miinicipe et n'avait pas de garnison, ils chassèrent sans peine, à la suite de cette émeute, leur gouverneur le prince de Joinville. Ils obtinrent le 30 avril un édit aux termes duquel ils conservaient leurs libertés communales, avec entière amnistie pour les excès et le massacre commis quatre ans auparavant dans leurs murs. Dans te même temps, on traita avec la ville de Sens et avec son gouverneur Belan, gentilhomme du pays. Quoique le roi, en confirmant les libertés muAicipales de cette ville, lui eût accordé de n'avoir ni commandant, ni soldats en garnison, les bourgeois aussi prudents, aussi sensés que ceux de Lyon, demandèrent eux-mêmes que tant que la guerre durermt, Belan commandât dans la ville. Au mois d'avril cinq villes de Picardie se donnèrent à Henri. Le 20, d'Estourmel, passant comme Villeroy et d'Alincourt à la reconnaissance formelle du roi, livra Péronne, Roye, Montdidier. Le lendemain, Abbeville qui est située à l'embouchure de la Somme, et qui tient pour ainsidire Amiens dans ses fers, entra dans la voie de la soumission, la montra à plusieurs autres villes de la province, et dans une forte mesure la commanda à Amiens. Abbeville régie en commune, en possédait toute la liberté. Les habitants, à l'instigation de quelques royalistes zélés et du maire, s'assemblèrent

5T6UV. IV. CH.IV. BN AUVinCNB ET DANB PLUSIEURS PAYS DB LA GVTDm.

et députèrent aa roi, pour le sapplier de leur pardonner et pour obtenir la conservation de leurs anciens privilèges, libertés, immunités, comme ils en avaient ioujonrs joui sans en abuser : leur demande fut accordée le 26 avril. A Mootreuil-sur-Mer, ce fut le gouverneur qui obtint les mêmes conditions pour les habitants. Partout où la gouverneurs intervinrent, ils tarifèrent leur désarmement à des sommes variant d'après l'importance A le nombre des places qu'ils ramenèrent '.

Dans les provinces du Midi, Riom, l'une des deux principales villes d'Auvei^e , reconoaiss^t Fautorité de Henri, et les habitants publiaient un manifeste dans lequel ib déclaraient qu'ils n'avùent suivi le parti de la Ligue que pour l'intérêt de la religion, et que ce motif n'existant plus, ils s'empressaient, de rendre obéissance nu prince légitime (avril). En Guyenne, Montluc, sénéchal d'Agenois,et les trois villes d'Agen, de Villeneuve, de Marmande, Périgueux et Sarlat en Périgord, Rodez capitale du Rouergue, envoyèrent leurs députés an roi, dans les mois d'avril et de mû '.

La Ligue était bien afifeiblie, bien ébranlée par ces défections. Son déclin comme ensemble, comme grand parti, Alt bfUé par les nouvelles combinaisons, les non-

■ ThuaDUB, I. as., § 8, t. IV, p. SïB, 859. — P. Cayet, 1. ti, p. S78, r.79. —Extrait du procèd-verbal de la déJJbÉratioD tenue en la Cbuubre de l'ËcheTioage de Trojes le mardi G anil ISBt, impnmé dan» iei Mélanges hialarïques de CHmasat. — Recueil des EdîcU da roy Heoi? IV sur la réuaion de ses sutùecls, Troye^, Seos, fol. 36 verso-3S. — U lettre du roi du il avril t. it, p. 1(4, donne la date de la MumiadioD d'Abbeville, Péronue, Boye, Moutdidier. « Je vous advisc que les hait bitante de ma Tille d'Abbeville ont resolen de me recognMSlre : » leurs deppultez arrivèrent aujourd'huy en cesle ville (Paris); ceni D de Péroune, Mouldidier et Roye y arrivâreut bier, lesqud« Bout D veneus pour mcsue affaire. »

> Thuanus, 1. ai, g 8, t. v, p. M9. - P. Gayel, 1. vi, p. 579, A. - Edit dn roi pour Ageu, Villeneuve, Uarmandc, toi. (B-St, — Lettre* miss, des 20 avril, g et a mai, t. iv, p. 143, ISi, ISS.

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PROJETS NOUVEAUX DE PHILIPPE It CONTRE LA FRANCE. 577

veaux plaus politiques, que Philippe 11 adopta, par ses efforts pour ruiner la Ligue guisarde et grossir la Ligue espagnole de ses débris. La décadence de rUnion fut décidée par les opérations de la guerre ouverte , et par les succès militaires de Henri.

Au mois de janvier 1 594, Philippe II revint, avec une ardeur toute nouvelle, aux violentes et ambitieuses pensées qui l'agitaient depuis tant d'années. D'un côté , il résolut d'écraser le prince Maurice et de dompter la révolte de la Hollande '. D'un autre cAté, il se reprit plus que jamais aux projets de monarchie universelle et d'envahissement de la France ; arrêtant avec lui-même d'enlever par la force des armes tout à la fois à Henri, à Mayenne et aux autres princes lorrains, les portions du royaume dont chacun d'eux était détenteur. Le roi fait connaître tes projets de son ennemi en ce qui le concerne, dans les passages suivants de sa correspondance diplomalique.

> Le roy d'Espagne, dit-il, tourne toutes ses iotantions, forces et ilesscings à me faire la guerre, en pensaDl que par ma ruine, si elle lu; pouTojit succéder, il establiroil sa monarchie sur toute U chrestienté à laquelle il aspire. — Il s'est résolu plus que jamais à engloutir et usurper ce royaume, il ne laisse banque ny bourse à rechercher, ny invention de tirer argent de ses subjets, et il vuide presque toutes ses provinces de forces, pour faire ce gfand effort contre moy '. ■

Ces ordres donnés pour une levée en masse d'hommes et de deniers, destinés à la ruine de Henri, éveillèrent l'attention de l'Europe entière *. Nous verrons tout-àl'heure ce qu'ils produisirent; suivons maintenant les

' l.a relation du temps dans P. Cayet, I. W, p. 573 B. < Lettres misaive^ aux dates des iS janvier et iS février 1S84, t. iv, p. 89, loi, 103.

* La relation dans P. Cayet, l. ti, p. S78 B.

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578 LIV. IV. GH. V. RÈBOt-imONS PRISES DANS LB CONSBtL D'eSPAGNR

projets et les plans du roi catholique en ce qui regarde la Ligue. Il avait reçu par Montpezat les ouvertures et , les propositions de Mayenne. Il les rejeta toutes après plusieurs conseils tenus à Madrid et à Bruxelles, du mois de janvier au mois d'avril. Il fut décidé que le tils du duc ne serait appelé dans aucun d^ré, au partage de la souveraineté de la France et que le duc lui-même ne conserverait pas la lieutenance-générale. La couronne de France, de moitié avec Claire-Eugénie, ainsi que la main de l'infanlBr furent destinées à l'arcbiduc Ernest , Philippe II se réservant la direction des affaires et la suzeraineté. L'archiduc Ernest, l'un des frères de l'empereur, avait été nommé par Philippe, et envoyé au mois de janvier, comme gouverneur des Pays-Bas espagnols ' c'était poor ce prince un apprentissage et une attente. Par les grandeurs auxquelles il l'appelùt, le roi catholique comptât resserrer les liens entre les deux branches de la maison d'Autriche; intéresser la branche allemande et la partie catholique de^l'Empire d'Allemagne au sucres de ses desseins. Ces déterminations de Philippe et de ses ministres entrahiaient, comme conséquence, des rapports tout nouveaux entre l'Espagne, la Ligue et ses chefs. Il fut convenu qu'en suivant les conseils de l'iniérct bien entendu ^t d'une sage politique, l'on devait rompre les engagements qu'on avait prb avec la Ligue, dont le soutien exigeait de^ dépenses excessives, qui jusque là avaient produit très peu d'avantages. Qu'il falltui désormais fciire la guerre au nom du roi Philippe II. Qu'il n'était plus temps de remettre les droits de l'infante au caprice des Français, mais de les soutenir par la fwce des armes, et de conUnuer les hostilités au nom de la couronne d'Espagne et pour son avantage. Qu'il fallait imposer la i-oyauté d'Ernest et de l'infante avec des armées aux chefs de la Ligue, après avoir vainement essayé de l'ob-

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RAPPORTS DE PHILIPPE It AVEC MERCŒUR ST KAYBNNB. 579

tenir de leur bon vouloir et de leurs vot*js dans la tenue desEtatsdel593<.

Philippe et ses ministres approprièrent sans délai les moyens d'exécution aux résolutions prises. Dès lors les armes du roi catholique ne vinrent plus en aide aux chefs de l'Union, que quand il s'agit de traverser les progrès de Henri, dans l'intérêt évident de l'Espagne. Les villes délivrées par les secours de l'Espagne, ne durent pas rentrer sous l'autorité de Mercœur et de Mayenne, comme cela avait eu lieu pour Paris et pour Rouen, -mais passer sous la loi de Philippe. Enfin toutes les mesures prises par le cabinet de Madrid tendirent à affaiblir incessamment les deux chefs principaux de la Ligue. Dans les premiers mois de 1594, Philippe envoya un nouveau corps de deux mille soldats en Bretagne, ce qui porta à six mille le nombre des Espagnols dans cette province. Aussitôt après, il déclara l'infante Claire-Eugénie duchesse de Bretagne, fit traiter toutes les affaires, administrer tous les services publics sous son nom, par des offîciers espagnols , partout où ses soldats dominaient ^. Philippe empiétait bien ainsi sur Henri, mais il ôtait tout à Mercœur. dont te duché de Bretagne avait été ta constante ambition ; il le réduisait à rien. D procéda avec une hostilité aussi active contre Mayenne : il lui débaucha le plus qu'il put de villes et de chefs. D attira à son service de Rosne, le meilleur capitaine de la Ligue, en lui assignant une pension annuelle de 54,000 livres du temp ;

< Davila t. xiv, p. iBO, 193. — La relation contemporaÏDe dans P. CayA. 1. VI, p. t7S B. « Le ro; d'Espagne devoit fuuruir k l'archî- » duc EniP9t tjint de gens, d'argent et de munitions, que le bruit •> commun ealoit qu'il Teroit accorder iiar force k ceux du part; de Il rUniou en France de luj donner la couronne deii Français, en e»- » pouMuit l'tnfanle d'E«painie, ce que les Espagnola n'avoient pu ob- M tenir d'eux de bonne volonté, a

* Lettres misaÎTes, h la date du 17 mars, t. iv, p. 147.

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580 L[V. )V, CH. IV. IL LES AFFAIBLIT ET DtSLOatlE LA UGDE.

le duc d'Aumale, avec les villes qu'il tenait eu Picardie, moyennant pension de 120,000 livres. Au prix de 90,000 livres une fois payées, il acheta du vice-sénéchal de Montelimart la cession de toute autorité et de tout commandement dans La Fère, mit une garnison dans cette place que les Espagnols avaient déjà reçue comme ville de retraite, et s'en rendit [deinement miUtre '. Enfin, il Forma des intelligences avec les gouverneurs des places de Picardie, et avec ceux des places de Bourgogne, gouvernement particulier du lieutenant^énéral *. Ainsi la Ligue était humiliée, affaiblie eo Bretagne ; démembrée, disloquée dans les provinces où Mayenne avait conservé autorité.

Cette politique eût été bonne si le roi catholique eût été en mesure de remplacer ceux qu'il supplantait, en se présentant avec des forces imposantes sur te théâtre des événements; mais il en fut autrement. Ce grand amas d'hommes et d'argent, ordonné dans tous les pays de sa vaste monarchie, mais imposé à des peuples épuisés, en partie manqua, en partie se fit attendre. Des insurrecUons éclatèrent parmi les troupes déjà sur pied : plusieurs corps de Wallons et d'Italiens employés dans les Pays-Bas, auxquels un arriéré de solde était dû depuis sept ans, se révoltèrent, et non seulement refusèrent le service, mais occupèrent contre eux une portion des bandes espagnoles ^ Aussi les deux armées dirigées par Phibppe II, l'une contre ta Hollande, l'autre contre ta France, tra-

t Les HfiOi) livres ilu temps dODD^es comme pension ft de Rosoe tout 195,0111) fr. d'aujourd'hui; les 120,000 livres donuéea à d'AomsIe, 410,000 fr.; les 90,000 lîTres données au vice-séaécbal de Hontclimail SÏ4,000 fr.

ï Davila, I. xiv, p. (91.

* P. Cajet, 1. V, p. tso, et Bentivoglio, 1. xvn, t. m, p. SS»^6l. disent que cette révolte dura un an eulier, par conséquenl pendant tonte l'année IS9t.

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INSUFFISANCE DE SBS FORCES POUR L'UtVASlON. 581

hirent complètement ses intentions et ses projets. L'armée employée contre la Hollande fut contrainte de lever le siège de i^oevorden, et laissa prendre Grouingue, capitale de la province du même nom, par le prince Maurice. L'armée rassemblée contre la France, et conduite par le comte de Uansfeld, après s'être saisie sur nos frontières d'une seule place, et d'une place peu importante, la Capclle en Tierache (9 mai 1594], se trouva hors d'état de tenir tèle aux troupes royales dans les opérations qui suivirent'. Ainsi tous les calculs faits, toutes les mesures prisas par Philippe pour affaiblir la Ligue et s'élever sur ses ruines, n'eurent d'autre résultat que de rendre Mayenne et l'Union plus incapables de soutenir la lutte contre le roi, et de favoriser les progrès de ce prince.

Henri suivait, observait avec vigilance les' préparatifs de l'Espagne, et mesurait eu même temps les ressources de Mayenne ^. 11 jugea qu'il devait précipiter les attaques; que la guerre lui donnerait des avantages égaux à ceux que sa conversion et les dispositions des peuples lui avaient assurés jusqu'alors ; qu'elle déciderait la révolution déjà commencée en Champagne et en Picardie. La forte place de Laon, qui dépendait alors de la Picardie, était devenue, depuis la réduction de Paris, la capitale de la Ligue. Henri en résolut le siège, malgré les avis contraires du nouveau maréchal de Biron et du duc de Nevers, qui considéraient l'entreprise comme au-dessus des ressources militaires du roi. Il commença tes attaques de la place le 25 mai. Fidèle au principe qu'il avait suivi depuis Af'ques, convaincu de la supériorité qu'assurait

> p. Gayet, I. vi, p. S79, SS3-&8t. — Thnanu», 1. cii, § B, 10, t. v,

p. MB, 36S-3SG.

■ Lettre miaaive du t mare, t. iv, p. lot. <i Les forces de dos eiwe- ' » mys ne sonl UUeii ea nombre ny «itost preataa poar entrepreodre » qnelque cboee en notre royaume. «

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