‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 139 sur 158 · ADRESSE BTCONCESSIONS UNIES A LA FORCE : FIN DE L'INSURRECTION · texte numérisé non relu

ADRESSE BTCONCESSIONS UNIES A LA FORCE : FIN DE L'INSURRECTION

cinq à quarante mille hommes, parmi lesquels ^is mille soldats qui avaient porté les armes dans les derniers troubles. On semblfùt à la veille d'une sanglante collision, quand les députés des insurgés arrivèrent. Les promesses dont ils étaient porteurs, la surséance de la levée des tailles, la défaite des paysans du Limosin qui arriva en ce temps, calmèrent un moment l'effervescence. Mtùs bientôt le feu de la révolte de ralluma. Le vicomte de Bourdeille, sénéchal et gouverneur du Périgord, chargea, rompit à diverses fois, dispersa les bandes les plus échauffées et les plus violentes. A ces moyens de la force, il joignit promptement ceux de la conciliation auprès des masses. Dans deux assemblées qui se tinrent à Limeuil et à Montignacle-Gomte, il annonça la ferme résolutioa du roi de pourvoir aux plaintes de son peuple, de le garantir des exactions et des mauvais traitements : la réduction récente de plusieurs villes, l'affermissement et l'extension de son autorité dans les grands centres, lui en donnaient désormaisles moyens. Peu après, Henri joignitàces assurances un bienfait. Tl abolit en faveurdes pays insurgés quelques subsides, qui leur avaient été imposés auparavant. Il leur remit les arrérages des tailles et autres subsides que leur pauvreté les avait empêchés de payer depuis 1589, les déchargea d'une obligation qui les réduisait au désespoir, car elle n'allait à rien moins ^u'k les contraindre de vendre, pour s'acquitter, tout ce qu'ils possédaient, et à rester eux et leurs familles sans aucuns moyens d'existence. En même temps, le maréchal de Matignon gouverneur de la Guyenne, dont le Périgord, le Quercy et l'AgeDois dépendfùent, adopta une mesure de prudence qui hâta la fin du soulèvement. Il fit gagner les trois mille soldats, vétérans des dernières guerres, qui avaient grossi les rangs des paysans, les enrôla, en forma des

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régiments qu'on conduit! en Langoedoc , où la guerre continuait contre la Lïgae, Alâ ainsi aax insai^letir principale force. Ce m^nge de condescendance d d'adresse désarma les Croquants : les peuples mutinés leotrèrent dans le devoir. L'insurrection, qui durait encM% le 3 août 1 S95 , fut étouffée à la fin de cette année, et la paix fut rendue aux provinces du Midi ' .

L'effet principal de cette pacification fut de comprima' l'anarchie et la désoi^anisation sociale : l'efiet accessoire, mais considérable encore, fut d'enlever un daog^eos appui aux factions contraires. Les chefs de la Ligue dans les provinces méridionales avaient vu avec épouvac*" plusieurs villes, Périgord et Sarlat en Péiigord, Rodez en Rouelle, Agen, Villeneuve, Marmandeen Agenois, échapper à leur parti, et rentrer sous la loi de Henri au mois d'avril et au commencement du mois de mai 1 594. Joyeuse, le plus puissant d'entre eux, était entré en tr^té avec le roi pour la réduction de Toulouse et du Languedoc occidental, et avait ^gnalé ainsi leurs crtdnles et leur découragement. Le soulèvement des Croquants changea leurs dispositions et leurs idées : ils se flattèrent d'y avoir trouvé une occasion de réparer leurs échecs, de prendre une revanche : Joyeuse rompit tout4-coap les négociations commencées, et revint à la guerre. Mais les calculs des Ligueurs furent trompés. La prudence et la bonté de Henri, l'habile conduite des gouverneurs dissipèrent les masses populaires sur le concours deaquelles ils avaient compté pour empêcher le rétahlîsae-

t La relation dans P. Cajel, I. iv, p. BT4 B, S78, STT. — D'Aobigni, I. U[, I. IV, c. 14, p. Sg4. — La lettre du toi à U. de BonrdeiBe du 3 août 1B9B, t. IV, p. SBS, 3S9. oj'escmà moD cousin le marèBchaldf » HatigDOD sur l'assembtét det peuplu en mon pays de Périgort, qne » je ne veux pas estre snpportez eo leur détobéittanee, non plus qae n violemment traictez, pour le péril qu'il ; nuroit en l'un et l'antre. ■

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