MOBILES DBS CHEFS DE LA LIGUE
sanguinaires de docteurs en délire, Henri put continuer l'œuvre de la régénération de la France. Les résultats obteons étaient déjà d'une immense importance. A peine une année s'était écoulée depuis son abjuration, et Henri avait rétabli l'autorité royale dans neuf provinces où la Ligue était sinon seule maltresse, au moins dominante , puisqu'elle en occupait les capitales ; c'étaient la Champagne, la Picardie , l'De-dft-France, la Normandie, l'Orléanais, le Berry, l'Auvei^ne, le Poitou, la plus grande partie de la Provence. En outre, Henri avait à peu près achevé de détruire l'empire de cette faction dans l'Anjou, le Maine, la Guyenne. Le corps de la monarchie et l'unité du territoire peuvent être regardés dès lors comme reconstitués en principe, quoique la l.igue et les seigneurs cherchant à rétablir la puissance féodale, tinssent encore quelques grandes vilî&s et quelques pays.
On ne peut juger de la moralité des chefs de la Ligue et de leur sincérité religieuse pendant le temps qu'ils portèrent les armes contre le roi huguenot , qu'en rappelantla conduite qu'ils tinrent avec le roi devenu catholique. Si la religion eût été leur.seul mobile, évidemment après la conversion de Henri , réputée valable par eux , ils se seraient soumis sans condition. Tous, au contraire, mirent leur obéissance ;i un pris énormt^. Pour presque tous la religion ne fut donc qu'un prétexte et qu'un moyen de satisfaire leur ambition : ils furent ligueurs et rebelles pour obtenir "(les chaînes et un grand établissement, que l'ordre légal ne leur aurait pas donnés. Dans le jugement impartial que nous avons précédemment porté sur eux, nous avons tait remarquer que, chez quelques-uns, de nobles mobiles se mêlèrent à celui de l'intérêt ; association de sentiments contraires, capitulations de la conscience avec la cupidité, que l'on retrouve dans presque
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toutes les révolutions. La religion parait avoir exercé un véritable empire sur les déterminations de Villeroy- Le même Villeroy, la Chastre, Vitry, conservèrent toujours pur et vif le Bentiment français : ils traversèrent constamment, énergiquement, les projets de Philippe K, combattirent son usurpation, défendirent l'iodépendance du royaume et contribuèrent à la sauver.
Vitry, en trtùtant avec le roi, stipula le gouvernement de Meaux, la promesse d'une charge de capitaine des gai^ des et une somme de 168,890 livres du temps (618,1 37 fr. d'aujourd'hui). Villeroy reçut pour son fils d'Alincourt le gouvernement de Pontoise ; pour lui-même la charge de secrétaire d'État, qu'il avait perdue sous Henri III et qu'il poursuivait depuis ce temps, outre une somme de 476,59i]ivre3dutemps(l,7«,333fr. d'aujourd'hui). La Chastre exigea la confirmation dé la dignité de maréchal, le gouvernement de l'Orléanais pour lui , celui du Berry pour son fiJs, avec 898,000 livres du temps (3,209,974 fr. d'aujourd'hui). Brissac ne rendit pas Parisai) roi : il lelui vendit, comme disaient LhuiUier et Henri, moyennant une chaîne de maréchal et 1,695,000 livres du temps (6,205,164 francs d'aujourd'hui). Villars se fit payer la reddition de Rouen du gouvernement d'une partie de la Normandie, et de la chaire d'amiral de France, qu'il fallut âter au jeune Biron en lui donnant en compensation celle de maréchal ; Villars exigea de plus 3,470,800 livres du temps (12,703,128 francs d'aujourd'hui). D'Elheuf obtint le gouvernementale Poitiers et 970,824 livres (3,553,215 francs d'aujourd'hui). Guise eut le gouvernement de Provence et partagea avec soufrière et sa mère l'énorme somme de 3,888,830 livres (14,233,117 francs d'aujourd'hui). La paix avec le duc de Lorraine fut payée 3,766,825 livres (13,786,579 fr.). Les petits gouverneurs tirèrent du roi des sommes dont chacune était assez faible,