‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 38 sur 158 · HENRI EST RECONNU PAR LES SUISSES BT PAR LES VÉNITIENS. U · texte numérisé non relu

HENRI EST RECONNU PAR LES SUISSES BT PAR LES VÉNITIENS. U

faire face à la fois aux dépenses d'un gouvernement régulier et d'une guerre (Ju'il fallait poursuivre ; mais la détressé de l'espédition d'Ârques ébiit passée sans retour.

Les conquêtes de Henri n'étaient pas les seuls avantages, même de la plus haute importance, qu'il eût obtenus. En traversant Cbâteaudun, dans l'Orléanais, il reçut les députés de la Confédération suisse qui venaient renouveler avec lui l'ancrenne alliance existant entre la république et les rois de France. A Tours, il rencontra les ambassadeurs vénitiens, qui lui apportaient les hommages de la Seigneurie (21 novembre). Cette reconnaissance solennelle de sa royauté par ces deux puissances, venant s'ajouter à celle de l'Angleterre, de l'Ecosse, des Provinces-unies des Pays-Bas, des princes protestants d'Allemagne, acquise dès les premiers jours de son règne, lui assurait l'adhésion de près de la moitié des Etats de l'Europe qui prenaient part alors aux affaires générales. De plus, les Vénitiens donnaient aux puissances catholiques l'exemple de reconnaître sa légitimité '.

Pendant la durée de sa première campagne, le roi ne fit pas de moindres progrès auprès des neutres que sur ses ennemis. La conduite qu'il tint constamment depuis sa première entrée en Normandie, avant la guerre d'Ar-

> Pour les cinti paragraphes qni précMeut, voyez les Lettres mis^v. de Henri IV, doDl quelques-ones pour le lieu et le jour seulement, des 4, T, ts, SI novembre; 7, 9, 10, 16, S8, 30 décembre 1S39 ; et du

7 au 19 janvier 159(l, t. m, p. 66, 7», 78, 8S, 8fi, 98, 100, 101, lOS,

107, 109, lia, 115, 117, lis, ISS, ISt, 136. — ContiouBlioD de ce qui est advenu dans l'armée du roi, écrit da tetups, inséré dans les Mém. de la Ligue, t. iv, p. 7B-BS. — Exploita de Sa Majesté, autre écrit contemporain, dans les Mém. et Correap. de Duplessis, t. iv, p. US, — P. Cajet, 1. 1, p. 181-183, 19*-197; 1. 11, p. Ï08, Î09. — P. Matthieu, 'l. I, p. 18-30 — U. Monrin, La Réforme et la Ligue eu Aujon, c. lU, p. Î66, d'après les mèmoiraa inédits et Les histoires locales.

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(50 LIV. 1. en. IT. CONDUITE DU ROI A L'ÉGARD DES POPDLATIOKS.

ques, lui coaciUa l'affection et le respect des populations dans tous les pays où il pénétrai. D'une part, il coosidén partout les Ligueurs moins comme des ennemis que comme des Français égarés, et les traita en roi, non en conquérant. H dta à la guerre toutes ses fureurs et presque toutes ses rigueurs. Sa présence empêcha le retour des excès commis aux fauboui^ de Paiîs. Dans les villes prises, les personnes furent partout respectées, la dévastation interdite, te piUage restreint à une seule ville emportée d'assaut et au strict nécessaire du soldat, l'ordre maintenu ou immédiatement rétabli : les habitants du Mans et d'Alençon purent rouvrir leurs boutiques le jour même où leur ville tomba en son pouvoir, ceux de Vendôme te lendemain. D'un autre cdté, il respecta religieusement, et fit respecter à ses soldats, même huguenots, tes éghses et les cérémonies catholiques, notamment à la prise des faubourgs de Paris, à celle de Vendôme, au siège du MaDS. Deux soldats ayant pénétré dans cette dernière place malgré ses ordres, après la capitulation, et ayant volé un calice, furent pendus sur l'heure, quoique reconnus pour très braves. H protégea les évèques et autres ecclésiastiques restés étrangers aux troubles politiques, les réint^ra dans leurs biens et dans leurs fonctions, et en rétablit plusieurs sur leurs sièges, dont ils avaient été chassés par la Ligue, entre autres l'évéque du Mans. H avait répondu ainsi aux calomnies de ses ennemis, notamment des prédicateurs, aux doutes et aux craintes des neutres. « Chacun sçait, écrit-il à la date du a 7 novembre, combien de personnes farouches j'ai eu » à apprivoiser, en leur ostant de la fantaisie que je ne » taschois qu'à m'establïr pour puis après renverser leur B religion '. n

> Lettre du roi dans iet Uéia. et Corresp. de Dupleuis-Uoma;, t. IV, p. (Sg, tl9.

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