‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 43 sur 158 · LIV, I. GH. V. VILLEROV APPRÉCIE L'INSUFFISANCE DE I.A ROTAUTË · texte numérisé non relu

LIV, I. GH. V. VILLEROV APPRÉCIE L'INSUFFISANCE DE I.A ROTAUTË

tenir k société et l'ordre public contre le brigandage des Seize, de ne pas livrer le royaume à Philippe II, de ne pas le livrer non plus à un bérétique, la Lifïue française et le lieutenant-général passèrent ensemble un accord, un compromis, pour la défense des intérêts qui leur étaient communs. Ce compromis devait durer jusqu'au moment où les circonstances les obligeraient à vider leur différend au sujet de la couronne : alors , mais alors seulement, ils devaient se séparer et devenir ennemis.

La Ligue française se trouvait très bien de la royauté du cardinal de Bourbon, doublée et soutenue de la lieutenauce-générale de Mayenne, comme le prouvent divers actes émanés deux mois plus tard du Parlement de Paris, portion intégrante et considérable de la Ligue française. C'est que ce parti de bourgeois, restés étrangers jusquelà aux affaires d'Etat, faisait de la politique avec ses passions au lieu d'en faire avec la réaHté, et se conduisait avec ses courtes vues, n'apercevant que la moitié des dangers présents, ne voyant rien des exigences d'un prochain avenir. Les chefs, plus avisés que lui, et Villeroy entre autres, ne partageaient ni sa satisfaction ni sa sécurité. Villeroy était l'homme d'Etat de la Ligue française, et nullement l'homme de Mayenne. Le lieutenaotgénéral l'avait admis dans sou conseil , et l'employait comme négociateur; mais Villeroy était entré dans son administration, comme on entrerût aujourd'hui dans un ministère de coalition, sans renoncer à ses opinions, sans abandonner son parti. Villeroy, secrétaire d'Etat, c'est-à-dire ministre sous les derniers Valois, en savait déjà très long sur l'ambition de Philippe II : la tentative de protectorat tentée tout récemment au profit du roi catholique était un chapitre de plus ajouté à ce qu'il connaissait des projels de ce prince contre la France. Il sentait qu'il n'y avait pas à jouer avec un pareil ennemi, et

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