‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 49 sur 158 · SOO LIV. II. CB. 1. OBDHE DE BATAILLE ET RANGEMENT DE LARMEE · texte numérisé non relu

SOO LIV. II. CB. 1. OBDHE DE BATAILLE ET RANGEMENT DE LARMEE

cession alternative des corps de cavalerie et d'iofaoterie. Mais son ordre de -bataille différait en plusieurs points importants de celui adopté par les royaux. Le froat de l'armée ligueuse éttùt plus étendu, son développement bien plus grand. Elle était disposée en croissant sur toute l'étendue de sa ligne. Sa cavalerie était formée partout en plus grandes masses, et les escadrons réunis au centre seul oij Mayenne commandait en personne, présentaient un effectif de dix-sept cents cavaliers combattant tous ensemble '. Le plan de Mayenne est évident. Il comptait détruire ou disperser l'un après l'autre les escadrons ennemis avec les corps de sa cavalerie, auxquels il avtut donné une force et une consistance extraordinaires; rompre ainsi l'union et la cobérence entre les diverses purties de l'armée royale; décider ensuite sa défaite en l'enveloppant de toutes parts, en l'attaquant à la fois de front et sur tes flancs. Mais la condition indispensable pour le succès de cette combinaison était que les divers corps de cavalerie de l'armée ligueuse conservassent le facile emploi de leur arme spéciale, le jeu libre de leurs mouvements, et ils en furent privés. Tavannes avait été chaîné de ranger la cavalerie en bataille. Gomme il avait la vue très-courte, il plaça les escadrons beaucoup trop près les uns des autres, ne ménagea pas entre eux la distance voulue. Cette disposition vicieuse entraînait après elle deux conséquences d'une extrême gravité.

1 1Macours v£rit., p. S4S. <^'ordre et disposition de rarraée des en-

■ Demis étoit quaai pareille h celle de Sa U^rsU, exeeplif que la a pointu arançoieal davantage, et avoiml un peu plus la forme d'un a croiaani, a — D'AubignË, 1. |[i, c. ï, p. iSB. n L'armée de la Li^ue

■ etioit un peu pliu en lenaillet, nar les deux pointes, comme plus <• épaiateB, eitoienl plat avaneéts. s Sur le uombre considérable de^ cavaliers réunU par Uajenne dans cbacuu des corps, et particulièrement dans le nen, Tojei le Discours véritable, p. Ùl : on Irouvera la ciUttioD ct-aprAs.

^oiizccbvGoogle

UGUKUSE : SES VICES. DÉHOXBIIEHENT DE L'ARMÊE DE MAYENNE. 301

D'abord les reitres ne trouvaient pas l'intervalle qui leur était nécessaire pour passer entre les escadrons et pour se rallier derrière l'armée, après avoir fait une première charge et caracolé, selon leur manœuvre constante. Ensuite les autres corps de cavalerie n'étant pas séparés par un espace sutlisant, ne pouvaient faire aisément leurs évo> lutions ; ils devaient s'entrechoquer et s'emharrasser l'un l'autre, pour peu qu'ils voulussent se développer et tourner. Cette faute, que personne n'aperçut, devenant irréparable durant la batiûUe, jeta le désordre et la confusion dans l'armée de la Ligue. Un autre désavantage de cette armée était l'infériorité de son artillerie : elle n'avait que quatre pièces mal servies, tout à fait hors d'état de répondre au feu de l'ennemi. Enfin elle manquait d'une réserve, ou n'en avait qu'une insigniËaiite, comme les faits le montrèrent : celle du roi, au contraire, était considérable, et exerça une actiou marquée sur les événements '.

Mayenne répartit son armée en autant de divisions, que la ligne de bataille du roi en avait : il en forma cinq. Dans la composition de chaque division entrèrent un corps de cavalerie et un corps d'infanterie. Parmi les fantassins, les lansquenets seuls intervinrent dans l'action : les corps de cavalerie sont donc les seuls qu'il soit besoin de djstinguer et de faire conn^tre. Us furent rangés de droite à gauche dans l'ordre suivant. Un premier. COTps, composé des anciens chevau-légers de la

' Matthieu, I. i, p. 8S, S6 & la marge, Davila, 1. M, t. m, p. 84, 3B, assignent tous deux, parmi les causes principales de la perte du la bataille, le rangemeut vicieux de la cavalerie àes Ligueurs — . Au sujet de lenr artillerie, le Discours véritable dit : « Ils u'avoient que » denx coulevrines et deux bâtardes, a Davila, I. il, p. 39, doDD<^ une arriére^ariie à l'armée de la Litpie. Mais dans la labgue des historiens du XVI" siècle, et dans celle de Davila en particulier, arrière-garde signifie l'un des corps postés sur la ligne de Ijataille, l'une des ailes de rannèe, et u'implique en rien l'idée de riterut.

208 LtV. II. en. I. DÉNOIfBRKIIENT DE L'AHMBE DE KATEmE.

Ligne, français, italiens, albanais, commandé [tar de Rosne, et posté à l'extrémité de la ligne, à la main droite du général. Un second corps, formé de deux escadrons de reitres, intermédiare entre la troupe de de Rosne et celle de Mayenne, et placé sous le commandement du duc de Nemours. Un troisième corps, le corps du centre, ayant à sa tête le duc de Mayenne, faisant face à celui du roi qu'il devait combattre :dans ce corpsse trouvaient réunis la cornette de Mayemie, la compagnie de Nemours, les douze cents lanciers wallons qui obéissaient au comte d'Egmont. Un quatrième corps, composé des carabins ou arquebusiers à cheval, et posté auprès du corps de Mayenne : le duc s'en était réservé le commandement, parce qu'il comptfùt lier les opérations de ce corps à celles de sa propre troupe. Un cinquième corps, formé des nouveaus chevau-légers de la Ligue, des cavaliers francomlois et espagnols, lequel occupait l'extrémité de la ligne à gauche, près du village de Roussey : il devait marcher sous la conduite du chevalier d'Aumale. Ces cinq corps de cavalerie se trouvaient au milieu de régiments d'infanterie française, allemande, flamande, suisse, qui les flanquaient à droite et à gauche. La réunion des deux armes composait autant de divisions de l'armée ligueuse. Les divisions du duc de Nemours et du chevalier d'Aumale prirent une part active à la bataille, et c'est le seul point qui importe : le témoignage divers des historiens laisse incertain si elles furent conduite^ par les deux princes lorrains eux-mêmes ou par leurs lieute-

> D'Aubigné, I. m, c. S, p. St9. n Le duc de Mayenne «voit fourni B autant de gros qu'il en râUoil affronter, u CéUieul cinq gros ou divisioiiB, dont voici le dénombrement que nous ae IrouTons présenU nulle pEirt d'une manière exacte.

Dùeoura vérilable p. t4(. ■ L'euadron de leuis anciens cbevauio légère, tant traaqow, italiens, qu'albanois, qui pouToit être de cinq

LE ROI CHANGE BABILEKENT L ASSlEnE DE SON ARMEE. 203

Les deux armées étant en présence, le roi s'aperçut que l'assiette de la sienne était défavorable, et il la changea avec une rare habileté. Il avait remarqué que le soleil incommoderait ses soldats, et que le vent, qui lui était contrture, chasserait dans leurs yeux la fumée de la mousqueterie et du canon. Le duc de Mayenne restant immobile dans l'emplacement qu'il avait choisi, et montrant qu'il attendrait l'attaque, Henri ordonna à ses troupes de se porter cent cinquante pas en avant, pour joindre les Ligueurs et commencer l'action. Dans ce mouvement, il fit avec adresse changer un peu de front à son

D à aix ceotB cberanx, voulut avancer ponr venir à la charge contre B celui du maréchal d'Aninont. ■ — D'Aobigné, p. 319 à la fin, iao. a Hosue commandoit le bataillon à ladroiledugéiiéral„.L&cava,\erlB » légère que nous avons remKrquëe à ta main droite du duc. s

Discours vérit., p. S4t. s Le host des reistres de leur rnain droite B qui vouloit venir ven rartillerie. d — D'Aubigné, p. i31. «De l'autre » coelé, guères loin du duc où estoient leâreietres, servis du régiiQent B (les wallons. ■ Cela veut dire que les walloua étaient postés près des retires, et qu'ils devûent les seconder et les soutenir dans l'auûon.

Discours vérit., p. Ut, 343. a Ainsi que la cornette de Sa Majesté u éloit au milieu de ses escadrons, si éloil celle du duc de Mayenne; B mais c'étoit au miliei^ de deux escadrons de lances, de celles venues a de Flandres qui pouvoient être de douze ou treize cents lances. Cette B cornette du duc de Mayenne pouvoit être de deux cent cinquante u chevaux, et bien autant de la troupe du duc de Nemours qui s'y vint » joindre, faisoient un troisième escadron au milieu des deux autres, » faisant prés de diz-huit cents chevaux qui marchoient ensemble, a

D'Auhigné, 1. in, c. S, p. 330. u A son aile gauche, le duc de Molenne D avott 4S0 carabins, qui sont barquebusiera k cheval, a Davila, 1. il, t. m, p. 3S, réduit h 400 la nombre des carabins.

Davila, p. 33. n A l'extrémité de l'aile gaurhe et jusqt^au bout de B /apMines'estendoient lescbsvaux-légers francomtois et espagnols. » C'était leur place du IS : ils la conservèrent le M, dans la nouvelle position de l'armée de la Ligne, puisque Davila, p. ST et 3E>, et Méleray, p. 769, les mettent aux prises avec l'escadron de Scboraberg et les aulraa corps postés à l'extrémité de la ligne du roi.

Davila, p. 87, S9, Uézera;, p. 769, font combattre le duc de Nemours et le chevalier d'Aumale à la !£!« de leurs divisions. Le Discoure véritable, p. 34t, prétend au contraire qu'ils combattirent dans l'escadron de Mayenne.

^lailizccbvGoOglf-

Page 1