‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 48 sur 158 · VIGILANCE ET ACTIVITÉ DU ROI · texte numérisé non relu

VIGILANCE ET ACTIVITÉ DU ROI

portion entre ses forces et celles de Mayenne, sans disparaitre entièrement, diminuait d'une manière sensible. S'il commanda assez à son ardeur et à son impatience naturelles pour demeurer tout un jour en présence des Ligueurs sans les attaquer, la temporisation dont il usa et dont ses compagnons d'armes s'étonnent comme d'une merveille, s'explique par cette circonstance qu'il donna à tous les corps que nous venons d'indiquer le moyen de le joindre ce jour-là, et qu'il ménagea encore à d'autres la facilité d'arriver le lendemain assez à temps pour prendre part à la bataille '.

Dans la soirée du 1 3, les ebefs se réunirent et tin~ rent conseil sur les éventualités du lendemain. Quelqu'un proposa de s'assurer un lieu de retraite en cas de mauvais succès. Le roi répartit qu'il les estimait tous de même opinion qae lui; que pour sa part, il ne désignait autre lieu de retraite que le cbam^ même où se donnerait, la bataille, marquant ainsi sa résolution d'y vaincre ou de mourir *. A l'issue du conseil, il ocdonna aux troupes d'aller prendre du repos. Dans cette nuit du 13 au 14, il logea son armée commodément dans les bourgs de Saint-André, de Fouerainville et autres voisins. Le duc de Mayenne, au contraire, eut beaucoup de peine à faire camper la sienne dans un petit nombre de

1 Discours véritable, p. 3(1. — Lettre circulaire du roi, du H mars, dam le Recoell de» Lfltres mi^îv., t. m, p. 167, n De celte cavalerie, A il m'eu arriva, depuis qiie je Tua en bataille le mardy et mercredy, n plus de six cents chevaulx. n — Paupiier, lett. 10, cul. tSG, porte à huit centa le nombre des survenus. — Tbuanus, 1. xcviu, § 10, p. BtR. — Du Plesdi^Moniay, Mt^m., t. iv, p. 47i . « La journée Bnit sans jour- » uée, non sans merveille, chascuu gardant son advauta^e, et n'y ayant

> toutes Toys ruisseau, montagne, ni barricade entre deux. » Mëzeray, llist. de France, I. m, I. m, p. 763. « 11 y a apparence que les deux D armées se fussent battues ce jour là, si le roy u'eut attendu la no-

> bles«e qui arrivait d'heure en beurs. »

1 Pasquier, Lettres, l..xiv, lettre 10, coL 415,-el I. u, lettre S, col. 601.

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192 LIV. 11. GH. 1. t>OâlTI0N DES DEUX ARMEES LE H MARS.

pauvres hameaux et sous des tentes qu'on dressa proche des bords de la rivière. Les troupes royales mieux abritées, mieux pourvues de vivres, défendues en outre par tes barricades dont l'infanterie s'entoura de toutes parts, reposèrent plus tranquillement, réparèrent infiniment mieux leurs forces que celles de la Ligue, et à cet égard acquirent sur elles un avantage marqué, pour peu que le combat du lendemain se prolongeât au-delà de la première obarge. I^ roi, avant de se donner relâche, reconnut le terrain environnant, visita ses quartiers, et ordonna lui-même toutes les gardes de son armée pour éviter les surprises de l'ennemi. II était deux heures du matin, quand il arriva à son logis, établi à Foucrainville. Là, ayant pris quelque nourriture, il envoya avertir chacun de se tenir prêt à la pointe du jour '.

n le fut bien plus tôt. En l'tfet, s'étant jeté sur une paillasse, et ayant à peine dormi deux heures, soudain il envoya chercher des nouvelles de l'ennemi et s'assurer de ses mouvements. Sur les premiers rapports, il crut que l'armée de la Ligue avait repassé l'Eure. Mais bientôt il apprit qu'elle ne songeait pas à se soustraire au combat par une retrMte ; que seulement elle avait opéré un mouvement rétrograde, et avait campé moins d'une demi-lieue en arrière du terrain qu'elle occupait la veille. Le roi fit alors ses. dernières dispositions. Le mercredi li mars, à six heures du matin, tous les chefe de l'armée se rendirent auprès de lui. Pei-suadé que l'événement de ta journée dépendrait principalement du plau et de l'ordre de la bataille, il les mit de recbef en déhbération : tous jugèrent qu'il fallait s'en tenir à ceux

* Lctlre circulaire du roi, du li mon, t. m, p. 163. « Eofiolaonict u iious coDiraigilit chaecuD de ee loger, ce que je leis aux villages le» u plu9 proches. » — D'Aubigué, t. lu, 1. ni, c. 5, p. SIS. a L'armée r»- » jale prit son assielte à Foucarrille ; l'autre campa vis-à-™ en qatla qaes meselumt hameaux, s — Davila, 1. xi, p. 31, 84.

PDBITIOH DE L'aBMËB ROYALE LE JOUR DB LA BATAILLE D'IVRT. 193

qu'il leur avait précédemmeDt proposés : en les- faisant participants du conseil, il les rendait habilement solidaires du succès, n convint avec eux que les marches et les engagements des divers corps auraient lieu, non d'après le caprice de chacun et l'entnUnement de l'occasion, mais de concert et de manière à concourir à une victoire générale : il arrêta aussi, qu'à travers les succès et les revers partiels, tous les chefs de corps travailleraient incessamment à rallier les troupes. À l'issue du conseil, U les envoya remplir leurs devoirs pieux, et puiser dans la religion une dernière force et un dernier encouragement. Quand il se fut bien assuré du mouvement en arrière opéré par les Ligueurs, il ordonna à son armée de quitter Saint-André, Foucrmnville et les villages environnants, où elle avait passé la nuit, et de se porter une lieue en avant pour se trouver en présence de l'ennemi. A neuf heures, il se rendit à cheval sur le terrain, et prit pour champ de bataille l'intervalle entre les villages d'Epieds et de Boussey, un peu en deçà du chemin qui conduit d'un village à l'autre. La situatiou du petit bois ou baie d'Epieds, qui fut le théâtre de deux incidents du combat; l'obélisque d'Epieds, encore subsistant aujourd'hui, indiquent d'une manière précise la partie de la plaine d'Ivry, oii les armées se mesurèrent. Peu après toutes les troupes royales se rendirent au lieu choisi par Henri, chaque corps instruit d'avance de la place qu'il devait occuper sur le terrain, et qui était la même que celle de la veiUe, transportée seulement une lieue plus loin. Quelques seigneurs qui arrivaient encore avec des détachements, entre autres Rosny suivi de ses gentilshommes et de deux compagnies d'arquebusiers à cheval, furent joints aux corps déjà formés. Dès que le mouvement et la marche nécessaires à ce placement furent terminés, le maréchal de Biron d'abord, et ensuite le

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19i LIT. II. CB. 1. SOIN DU ROI POOR LE RAHCEMBNT DES TROOPSS.

roi en personne, examinèrent tous les corps l'un a^nès l'autre, et pourvurent exactement à tout. I^s contemporains remarquent que ce jour-là Henri, doublant de Vie, remplit par le fait l'olBce de sergent de bataille : on verra tout à l'heure combien importait cette scrupuleuse attention, et quel désavantage résulta pour l'ennemi de ce que Mayenne n'avait pas pris un soin pareil. Enb« dix et onze heures, l'armée entière était dans l'ordre qu'elle devait tenir : le roi avait terminé les préliminaires du combat '.

Dans l'ordre et la disposition qu'il adopta pour la bataille, il répartit ses troupes en deux grandes masses, et en forma deux lignes, comme le témoignent en termes formels les historiens qui plus tard reçurent des renseignements de sa bouche même ^.

' l.e roi dans ea circulaire sur la bataille divry, t. m, p. 16*, rend compte du moavemeat d'une lieue en avant qu'il fit faire à son armée le matin du 14 mare ; « U'ayaut eatË rapporté que mes ennemys s'g»- H toirat représentez, mtùs encore» plus ioiiig qu'ils n'avoienl faicl hyrr, a je me suis résolu de let approcher de si près, que par nécessité il se B Tauldroit joindre. Comme il est advenu sur les entre dix et onie ben- B res du matin, que les estant allex chercher jusr/ues où ils festoient B planta.... la bataille s'est donnée. » Discours véritable, p. 241, Sta. A la page Ut, il indique l'emplacemcut définitif que les armées occu> pèrent pour la baUille. « Il fut rapporté au roi que les ennemis étoient B logés au^i villaflpâ qui bordent cette rivière d'Orte (Eure) derrière leur B place de bataille... L'armée des ennemis parut en nn lieu nn peu plas n relevé, et aussi un peuplas reçu W qu'elle n'étoitlejourprécédenl.» — La carte de France par le dËpât de la guerre n* 47 marque la place de l'obélisque d'Epieds. — D'Aubigné, t. m, 1. m, c. S, p. Sï9. n Le a lendemain, les deux armées furent rendues au champ de bataille, a entre dix et onze eu estât de combat; le roy faisant en effet t'of- B fiix de sergent de bataille. B — SaHj, Mcoa. ro;., c. 19,30, p. "79 B.

1 Matthieu, 1. I, p. il, a Le roy mit sa cavalerie en sept escadron» ■ et en deux lignes. « En disant que le roi mit sa cavalerie, Matthieu dit en même temps qu'il mit toute son armée en deux lignes. L'un implique l'autre absolument. En effet, Matthieu et tous les historiens du temps avec lui, dans le dénombrement des sept corps on divisions, dont se compose l'armée roiiale , prennent chaque escadron ponr centre et pour noyau de chacun des corps; énoncent, après U des-

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ORMtE D£ BATAILLE ET DISPOSITION DE L'ARMÉE ROTALK. 195

La première ligne, de beaucoup la moindre en force et en développement, était l'avant-garde '. Le roi la posta cinquante pas en avant de la ligne de batmlle, et la com- -posa de trois corps de troupes : la cavalerie légère, la division aux ordres du baron de Biron, l'artillerie. La cavalerie légère, placée eo avant de l'aile gauche de l'armée royale, était formée de deux escadroos, comptant ensemble quatre cents bommes, et commandés par le comte d'Auvergne et par Givry. La division aux ordres du baron de Biron avait un tsscadron de deux cent cinquante chevaux, et huit cents fantassins choisis. Elle était postée presque sur la même ligne, mus un peu au-dessous de la cavalerie légère, à gauche et en avant du corps du centre que le roi commandait : elle avait pour mission spéciale d'attaquer de flanc ceux qui viendraient pour le charger, ou de le couvrir au besoin. L'artillerie, qui était de quatre gros canons et de deux coulevrines, fut mise entre les escadrons de d'Auvergne et de Givry, et le corps aux ordres du baron de Biron. Elle était commandée par le grand-maltre Philibert de la Guiche, avec cinquante arquebusiers à cheval, deux cents pionniers, et la compagnie ordinaire des canonniers. Les enfants perdus, sous la conduite de leurs colonels Saint-Denis, Brignoles, Parabère furent rangés cinquante pas en avant de l'artillerie et de toute l'armée. Une heure et demie avant l'action, Rosny, sur l'invitation de Henri, avait amené, outre sa compagnie, qui fut incorporée dans l'escadron du roi, les deux

criplioD de chaque escadron, la quantité d'iafonterie qni j fut jointe; et quand ils n'oot plus à énamérer d'escadron, ae parlent plus d'iO' fanterie.

* Nous pieooDB le mot d'avanl-garde daos son acception moderUe, et dans le sens de corps placé eu avant de la ligne de bataille. Chez les ■uleurs du xvi* aiëde il a une tonte autre signiâcation, comme an le voit par l'ciiposé de Davila, par la lettre du maréchal de Biron à du Haillân, et la lettre du comte de Saint-Paul, citées plus loin.

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t90 UT. U. CR. 1. ORDRE DE BAT&tLLB ET DiSPOSmON

compagnies d'arquebusiers à cheval de Badetet de James. Le roi qui comiaissait de longue date l'intrépidité de c«5 soldats, et qui savait quel parti il pouvait en tirer pour éclaircir la cavalerie ennemie, leur ordonna de mettre' pied à terre, et les envoya combattre avec les enfants perdus de l'avaot-^ardei.

La ligne de bataille fut formée de cinq corps de troupes. Le maréchal d'Aumont commandait le premier à la main gauche du roi, dans la direction du village d'Epieds, et à l'extrémité de la ligne : ce corps se composât d'un escadron de trois cents cavaliers, flanqué à ses côtés de deux régiments d'infanterie française. Venait ensuite le corps du duc de Montpensier : on y trouvait un escadron de trois cents chevaux, ayant à gauche cinq cents lansquenets, à droite un régiment suisse, ces forces étrangères couvertes les unes et les autres par l'infanterie française. Le troisième corps, sans comparaison le plus considérable, était conduit par le roi en personne, et formait le centre de la ligne de bataille. D avait un escadron de six cents chevaux, disposés sur cent-vingt de front et sur cinq rangs de profondeur. Le premier rang où combattaient le prince de Conti et le comte de Sùnt-Paul, n'était composé que de princes, comtes, barons, gentilshommes appai^ tenant aux premières familles de France. Derri^ ce

' Od ne troave que daas les origioanz on dénombrement exact de cett« avuit-garde. Voyez pour sa compositioa : Le Discoars véritable, narration officielle du temps, p. S39.— Matthieu, 1. 1, p. 37. — Davila, 1. II, p. ai. — SoUj, Œcon. roy-, ch, 2S, 30, p. 75 B. — D"Aubigné, t. m, I. ni, C^ i, p. SSft. — Lettre du maréchal de Biron à du Raillan, p. 177. — Noua ne donnerons que ces deus extraits relatib à des détails importants. D'Aubigné dit : a Eu euivant, prit place le baron de n BiroD, avec huil cmti hommes de pied ehoîiit et fort peu de cava- D lerie, teltui-là presque ausai avancé que le» chevau-légere, n Le maréchal de Biron ajoute : n Mon fils estoit dédié avec deux cent* ■ chevaux pour marcher au costé du Ro;, Pt rtn peu devant, pour a donner par le Qanc à ceux qui voudraient chai^r Sa Majesté, ou B la couvrir s'il eitoit besoin. »

Douze. bvGoogle

DB l'armée nOTALB. 197

premier rang marchaient la cornette du roi , et les six compagnies du prince de Conti, de Thorigny, de Maligny de Montlouet, de du Fargis, de Du Ple&sis-Momay. Autour de cet escadron étaient groupés huit régiments : à sa gauche les deux régiments suisses des cantons de Claris et des Grisons, soutenus des deux régiments français des Gardes et de Brigneux ; à sa droite les deux régiments suisses de Soleure et du colonel Baltazar, flanqués des régiments français de Vignoles et de Saint-Jean. Auprès et à la suite du corps du roi , venait le quatrième corps, celui du maréchal de-Biron : il se composait d'un escadron de deux cent cinquante chevaux, et de deux régiments de Suisses forts de deux mille quatre cents hommes. Ce corps, formant la "réserve, était placé un peu en arrière des autres. Il devait recevoir les débris des troupes maltraitées et les rallier, se porter sur les points faiblissants ou menacés. Le cinquième et dernier corps était celui aux ordres du comte de Schomberg : on y trouvait un escadron de deux cent cinquante chevaux formés par les reîtres auxiliaires, et tout le reste de l'infanterie française; il occupait l'extrémité de la ligne à droite et vers le village de Boussey '.

< Diecours vérit-, p. 339, 940, St3. — D'Aubl^né, t. m, 1. ni, c. G, p. Sï9. — Matthieu, 1. i, p. 19. — Davila, 1. xi, p. 80, 31, 87. — Le maréchal de Biron, lettre ï du Haillan, p. 176. — Du Plessis-Moroajr, Nèmoire de ce qui se passa Umt pour le général que pour son particulier à la baloille d'Ivry, p. 47S.' — Tous les cont^mporaitiB bodI d'accord sur la composition des cinq corps ou divisions FormaDt le gros de l'armée royale, excepté ea un point secondaire. Le marécLal de Biron, lettre k du UùUon, p. 176, dit en parlant de la composition du corps qu'il commandait, de la réserve : a A sçavoir : deux batùllons a de Sûmes, de deux ou trois mille harquehusiers, mon régiment a qui pouïoit esire de deux ou trois cents chevaux. » Au lieu de deux bataillons de Suiaset, tous les autres historiens disent deux régiments ou bataillons Français. ,

Si l'on peut passer sur ce détail, il est un point qu'il s'agit de bien Établir, pour rectlBer ee qui a été avancé dlneiact telatiiement &

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198 LIV. ri. CH. 1. ORDRE DE BATAILLE DE L'aRHËB ROYALE.

La ligne de bataille, composée des cinq divisions qoi viennent d'être énumérées, était presque partout en ligne droite : les extrémités seules formaient légèrement le croissant I. Le corps du centre dont- le roi s'était réservé le commandement, avait pour aile gauche les deux divisions de d'Aumont et de Montpensier ; pour aile droite, les divisions du maréchal de Biron et de Schombei^. On voit avec quelle exactitude l'ordre de bataille répondit au plan. Partout l'infanterie était mêlée à la cavalerie. Le corps du roi, le plus nombreux en troupes, et composé des meilleures troupes, éttùt encore couvert et renforcé par l'avant^garde , soutenu par la réserve postée tout auprès. La réunion des divers corps présentait un tout fortement ramassa et concentré. Le roi avait donc tout préparé et tout disposé pour faire un effort décisif contre le centre de l'armée ennemie.

l'ordre de batuille de l'ariDêe royale. Le corpa commandé par le marécbal de Biron, et compoeant la réeerve, bien qne placi un peu en arriËre dei antres, se reliait à la ligne de balûlle et la continuait : il ne formait pas une ligne à part, une troisièma ligne. C'est ce qu'on voit dans tous les contemporaina. D'abord, dans le dénombrement des troupes, le Discours véritable, Matthieu, Daiila, M^zeraj placent tmanimement le corps du maréchal de Biroii à. cdié de celui du roi, à la suitf de celui du roi; ils disent : a Au milieu de tous, celuy duRojde

» 600 chevaui A aa droite, estoit celuy du mareschal de Biron de

■ 150 chevaux, un peu plus en arrière que les autres, d Ensuite comme le dît Mathieu déjà cité, le roi mit tonte son armée en deux lignes, nou en trois; et puisque l'avant-garde formait une ligne, et U ligne de bataille une autre, il faut de toute néces^té que le corps du maréchal de Biron ait tait partie de cette seconde ligne. Enfin tous leB contemporùus s'accordent fc témoigner que le corps commandé par le roi était au centre de U ligne de bataille. Or, pour qu'il ail été au centre, il faut forcément qu'ayant à gauche les corps de d'Aumontel de Montpensier, il ail eu b droite le corps du maréchal de Biron, et celui de ScbonÂerg.

1 Discours Térit., p. £39. << Le front de l'armée de Sa M^esté étoit -D quasi en droite ligne, toutes fois faisant un peu de corne par Iw deux

> bouta. ■ — Matthieu, p. 27, • Le bout du costé gauche laisoit un peu

> plus de pointa i^b le droit. >

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P081TI0NDE L'AIWÈE LllHIEUSE LE 14 KARS. FORCE DES AIUIBES, 199

PresquR en même temps rarmée Je la Ligue parut en bataille, dans ud lieu un peu reculé, et aussi plus élevé que celui (pi'elle avait occupé la veille. Elle se déployait, au moins en partie, à la descente de l'un des cAteaux qui bordent la plaine, et la séparent de la vallée de l'Eure '. Les événements du commencement de la bataille demandent qu'on remarque cette position. Toutes les forces que Mayenne avait rassemblées ne combattirent pas à Ivry : il avait laissé une portion de l'infanterie amenée des Pays- Bas par le comte d'Egmont, sur la rive droite de la Seine. Les troupes qu'il opposa à Henri montaient à seize mille bommes, quatre mille cavaliers et douze mille fantassins. L'armée royale ne dépassait pas de beaucoup dix mille soldats : même après l'arrivée des derniers renforts survenus au commeùcement de ta bataille, elle ne compta que deux mille cinq cents chevaux, et huit mille hommes de pied *. Ainsi, par le nombre, les Ligueurs l'emportaient de plus d'un tiers sur leurs adversaires.

La disposition de l'armée bgueuse se rapprochait de celle de l'armée royale par le nombre des divisions déployées BUT la ligne de bataille, par le mélange et la suc-

1 Discours Téril., p. U$. « L'armée des ennemii parut en mtme

■ tempe ea on lieu un peu plae relevé et aosaj un peu plus reculé B qu'elle n'étoit !e jour précèdent. » — D'Aubigné, 1. lu, c, B, p. 430,

■ L'armée liguée parolt beau jeu à la descente d'un cotleau, n — Mézeraf, p. 764, 76B. s Les Ligueurs ee aaiaïrent de quelques lietix 0 éminem qu'iU ayoieut remarquez la veille et s'estendirent le long B du bord» de cette vallée où coule l'Eure, s

* Lettres miss, à la date du 14 piars 1S90, t. m, p. tB7. n Leurs B prisonniers dient tous que leur armée estoit de quatre mil chevaulx a et de douze ou treize mil liomniet de pied. Quand à mon armée, B elle pouvait estre de deux mil chevaulx et de hnît mil hommes de B pied, a Le roi s'eiprime en nombres ronds, très-rapp roches des chiffres réels. Ceux que nous donnons sont le relevé des forces com- Dosant les divers corps de l'armée royale. — Pasquier, 1. xiv, lettre 10, col. 416, et d'Aubigné, I. m, c. b, p. 380, réduisent à un chiffi^e audessous de U vérité le nombre des troupes royales.

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