L1V. II. CH. U DÉFAITE DES LIGUEURS A ISSOIRE
» 9 Iieures du soir < . 0 Voici le commentaire de ce billet, empreint de la grandeur mâle et simple du temps. Le ligueur Larochefoucauld-RâDdan s'éteiit saisi l'année précédente de la ville d'Issoire en Auvergne, poste important qui permettait à celui qui en était mdtre de donner la loi à une grande étendue de pays, et de lever à son gré les deniers provenant 'des tailles. Tissandier et les autres échevins de Clermont, zélés serviteurs du roi, résolurent d'enlever Issoire au comte de Randan, et confièrent l'exécution de ce dessein aux capitaines de quelques compagnies en garnison chez eux. Les capitaines surprirent la ville, le 1 7 février 1 590 , et attaquèrent aussitôt le château, secondés bientôt après dans leurs eflfbrts, par de Floral, sénéchal d'Auvergne. Mais tandis qu'ils assiégeaient le château, ils furent assiégés eux-mêmes du câté de la ville, par le comté de Haudan, ù la tète de forees considérables. L'échevinage de Clermont appela à leur secours toute la noblesse royale des pays voisins. Le marquis de Curton, ses âls, plusieurs autres gentilshommes se rendirent en toute hâte à Clermont. Le vicomte de Lavedan, Rastignac, gouverneur du haut pays d'Auvei^e, Chazeron, gouverneur du Bourhoiinais, y amenèrent leurs forces, auxquels se joignirent deux cents habitants de Clermont. Là, comme à Dieppe, la bourgeoisie savait prendre rang parmi les soldats, et braver la mort, quand il s'agissait de défendre la cause à laquelle elle s'était vouée. Le secours royal, parti de Cler- - mont, et parvenu à la plaine située entre Issoire et la montagne nommée Croz-RoUand, rencontra le comte de Randan et sou armée, qui étaient sortis de leurs lignes pour s'opposer au passage des royaux et à leur jonction avec les assiégeants. On en vint aux mains le 14 mars :
I, p. 89, io, Pa-
DoiizccbvGoogle
AU JiAHS, A MàlIERg, A SABLÉ, A MAYENNE. 231
les Ligueurs, après une vigoureuse résistance, furent veÛQcus. Leur chef, le comte de Randaa, mourut de ses blessures quelques beures après le combat '■ leur armée fut complètement détruite, et l'on compta parcoi leurs morts jusqu'à ceut gentilshommes. La garnison qu'ils avùeut dans la citadelle d'Tssoire se hâta de capituler, et l'occupation de cette forteresse rendit définitive et assurée la possession de la ville. La victoire-d'Issobe eut d'importants résultats : elle laissa le parti du roi sans rival en Auvergne, et l' affermit dans les provinces voisines.
Les armes de ses lieutenants ne furent guère moins heureuses en divers autres pays, dans le même temps. Le 14 mars, jour. destiné à trois revers de l'Union, ils firent échouer l'un des chefs ligueurs, Lausac, dans sa tentative pour surprendre le Mans, et peu après de Hertray détruisit, près de Mamers, la plupart des troupes qu'il avait réunies pour cette entreprise. A quelques jours de là, les royaux défirent leurs ennemis à Sablé, dans le Bas-Maine, et les chassèrent de cette place dout ils s'étaient momentanément emparés. Lansac,' réfugié en Bretagne, revint bientôt après dans le Maine, avec 2,700 hommes que Mercœur lui avait fournis, et surprit le S avril la ville de Mayenne. Son occupation fut courte, et il la paya cher. Les diefs royalistes, promptement réunis, l'en expulsèrent le 11, et s étant mis à sa poursuite, l'atteignirent et le vainquireut dans un défilé voisin, oiî la plupart de ses soldats succombèrent. Sur ce théâtre resserré, de Ilertray, qui commandait pour le roi dans le Perche, et de Lestelle dans la ville de Mayenne, déployèrent un brillant courage, et firent preuve de véritables talents militaires. Lansac n'osa plus reparaître dans le Maiue, et cette province, peu après complètement pacifiée, ne reconnut plus d'autre autorité que celle Ae
J.,r,l,z<,.f,C00gIf