RESULTAT PRÉCIS DE CBS VICTOIRES. SITUATION DE MAYENNE
rite, mais seulement la majorité ; dtèrenl presque entièrement à Mayenne, pour la lai transporter, la force militaire nationale. Elles affermirent donc son parti, et lui assurèrent la prédominance. Elles ne firent rien de moins, et ne firent rien de plus : en deçà et au-delà est l'exagération.
En fuyant du champ de bataille d'Ivry, Mayenne se rendit d'abord à Mantes, ensuite à Saint-Denis, où il concerta ses résolutions avec le légat, les ambassadeurs de Philippe II, ses parents et ses principaux conseillers. H laissa sa famille à Paris, comme gage donné à cette ville, persuada au légat d'y demeurer pour soutenir la foi et l'opiniâtreté des habitants, nomma le duc de Nemours, son frère utérin, pour commander, avec injonction de faire une résistance désespérée. D partit le 20 mars et se rendit à Soissons. Là, il dépécha à toutes les cours étrangères, envoyant des agents en Espagne, en Flandre, à Rome, en Savoie, en Lorraine, et demandant les secours d'hommes-et d'argent nécessaires pour soutenir le parti. En même temps, il essaya de lever une nouvelle armée ; il appela sous ses drapeaux les Ligueurs de l'Ile-de-France, de la Normandie, de la Picardie, de la Champagne. La population pouvait fournir de nombreuses' recrues : en effet, les grands centres, les villes capitales de provinces restèrent la plupart engagées plusieurs années encore dans le parti de l'Union. Mais après les deux défait£s d'Arqués et d'Ivry, il y avait mépris et défaut de confiance pour Mayenne, découragement et crainte de la part des Ligueurs. Dans le cpiu^ des cinq mois et demi qui suivirent, il. ne put rassembler que cinq ou six mille hommes, et fut complètement hors d'état de reparaître en Ugne, et de rien tenter contre son ennemi. De plus la masse de la noblesse s'éloigna de lui et pour toujours. Jusqu'alors elle s'était partagée inégalement sans doute,
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mais enfin elle s'était partagée entre lui et le roi, puisqu'on trouve jusqu'à cent gentilshommes dans les luttes sttcondaires, au siège du Mans et à la bataille d'issoire. Après Ivry, il ne conserva plus qu'une poignée de nobles. Ce fut là, comme le remarquent les hiatorieus contemporains, l'un des grands affaiblissements de son parti, moins encore parce qu'il fut désormais hors d'état de recruter sa cavalerie des meilleurs soldats, que parce que l'un des principaux moyens d'action sxa les populations lui manqua, et que tout lustre, tout éclat Ait ôté à sa cause ' .
Tandis que le duc rassemblait les débris de sa défaite, le roi mettait la plus grande activité à profiter de sa victoire. 1^ soir même de la bataille d'Ivry, à dix heures, il mandait au duc de Longueville et à I^a Noue d'am«ier en toute hâte de Picardie et de Champagne des renforts à sonarmée, et de lui donner les moyens de frapper des coups décisifs *. D prit Vernon le 16, et Manies le 18 *. Si au sortir de là il eût pu précipiter sa marche et porter son armée accrue et approvisionnée sur J*aris, cette ville était prise, la Ligue morte, le triomphe de la cause royale et nationale assuré. En effet, bien que dans le premier moment Christin et les autres prédicateurs de la Ligite, par leurs sermons, M™ de Montpeusier et les Seize, par leurs
1 Villeroy, Méiu. d'BUt, t. Il, p. Ut B, ISl A. — Thuanus, hisl., 1. XCïK, xcvm. — P. Cayet, chr. nov., 1. I, p."19S B; 1. If, p. ÏS3 A. Le comte de Snint-Paul, dans sa lettre du 17 mars, dit : a Tout com- » mence A bransler, U. de Hajenaé ne pourra plus avoir de noblesse, u C«>1a se lérifia pleiaemeot.
< Lettres misûves au duc de Longueville el ï La Noue, en date do 14 mars à l» heures, t. m. p. 169-171. Dans telle à Longuevilla ; « U » eal question d'user de la victoire— Groyès que c'est la paix de ce
■ rojaume et la ruine de la Ligue. » Dans celle à La Noue; a Je vous
■ prie de vous avancer eu diligeuce versPontoiseetMeulan,»vecmon a cousin de Louguevile et no* r^trts. s CéUit une levée de reltres négociée par Saaey en Allemagne.
* Lettre du comte de Saint-Paul, p. B.
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