LIV. II. CH. I. TRABISONS DANS LE CAMP DB HENRI
avis : il avait aidé le roi à vaiocre ; mais il ne voulait pas qu'il pût finir la guerre et se passer de lui '. Sully dit eu deux endroits de ses Mémoires : « Le roy^yant gagné la bataille d'Ivry, plusieurs de ceux qaiavoieDt hasardé leuis vies pour cet effet, dans l'ardeui' des combats, firent après tout ce qu'ils purent pour empescher que cette victoire n'eust ses suites, lesquelles apparemment estoient la prise de Paris; où se voulant acheminer, ceux de son Conseil et leur séquelle rendirent son armée immobile, la faisant manquer de tout. — Le roy séjourna à Manies environ quinze jours inutilement; duquel séjour furent cause les nécessitez d'argent où tenoient enveloppé ce prince tous ceux qui avoient charge aux finances, et'surtout le sieur d'O, concerté pour cela avec les autres catholiques de sa faction, qui ne pouvoient supporter la domination, quelque douce et familière qu'elle fust, ni les prospérités d'un roy huguenot, et ressentoient autant d'ennuy et-de desplaisir de l'honneur qu'il avoit acquis et de la victoire signalée qu'il avoit remportée sur ses«nnemis, que ceux là mesme qui avoient perdu la bataille. Et par la malice de telles gens furent perdus la pluspart des fruits qui se dévoient percevoir par un si haut fait d'armes *. » Les Suisses se mutinèrent et refusèrent de faire un pas en avant, jusqu'à ce que Von eût trouvé l'argent nécessaire pour acquitter leur p^e arnérée. D'O et les iut«ndants laissèrent l'armée manquer des munitions nécessaires pour entreprendre un siège, et'le roi ne put marcher sur Paris que quand il eut reçu de la reine d'Angleterre les poudres et les boulets que lui refusait son propre parti. La mauvaise saison ' ne contraria pas moins ses projets : des pluies continuelles rendirent longtemps les chemins impraticables
' Hézeray, t. iii, p. 775, 776.
* Sully, Œaon. tùj., c. ItS et SA, t. i, p. 6S6 et M A, coUect. Michaud.
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h lue armée chargée de bagages et d'artillerie '. Ces coDtre-teinps et surtout cette suite de trahisons réduisirent Henri à la plus complète inaction, du 18 mars au i" avril, au moment décisif, à l'instant où Paris manquait de tout pour sa défense.
• p. Comfio, dans les Mém, de la Ligue, l. iv, p. S77, !78, M9. — Davila, I. xi, t m, p. 48.
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