‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 90 sur 158 · LIV. II. CH. V DËFA.TE DES ROTAUX A CRAON · texte numérisé non relu

LIV. II. CH. V DËFA.TE DES ROTAUX A CRAON

seil suivi aurait dooné la victoire : il fut repoussé. Plus tard, quBod les Ligueurs et les Espagnob eurent réuni toutes leurs troupes,et engagé l'action avec l'avautagedu champ de bataille et des premières chaînés, Lestelle voulut qu'on soutint l'attaque avec vigueur, au moins jusqu'à la nuit, parée que la retraite en plein jour (levant l'ennemi, honteuse et décourageante pour le soldat, ne pouvait être qu'une désastreuse débandade : son avis fut encore rejeté. Les royaux furent atteints et défaits dans leur retraite : ils eurent à regretter un nombre considérable de braves soldats et de capitaines expérimentés, les lins tués, les autres faits prisonniers, ils perdirent leurs enseignes, toute leur artillerie (23 mai 1592). Mercœur et les Espagnols s'emparèrent de Ghâteaugontier en Anjou, de Laval dans le Maine. Ghâteaugontier fut rendu à Boisdauphin, qui avait contribué à la victoire des confédérés. Il joignit cette ville à celle de Sablé, et y commanda poiu* la Ligue jusqu'à 1595. La défaite de Craon affaiblit beaucoup le parti du roi daus le Maine etl' Anjou, et laissa pour quelque temps le champ pleinement libre aux progrès des ennemis en Bretagne. La journée de Craon profila bien moins à Mercœur et à la Ligue qu'à Philippe IL Son pouvoir s'affermit et s'étendit en Bretagne. Les Espagnols et leur chef, don Juan d'Aquila, ne tan]èrentpas à dominer d'une manière absolue , non- seulement dans Blavet, qui leur avtdt été abandonné, et dan? le fort de Grozon qu'ils construisirent près de Brest, mais aussi dans plusieurs villes dont ils gagnèrent les gouverneurs, telles que Douamenez et Vannes ' . De plus, Philippe trouva

■ Mémoires de H" Duplpssis, t. I, p.S(4. «Le duc de Mercœur teil n quelque mine d'entendre à une paix avec le roy.tlestoil en défiance » du secours que le ray d'Espaigne luy envoyoit plus souveat et plus » grand qu'il ne vouloit. Mais il n'osa offenser l'ambassadeur d'Espai- B pie, qui soudain lui pralicqua les priiitipaiis du clei-e^ pour luy en '» taire remoutrance. » — Thuanus, 1. cui, §§ It, tS, et 1. cxiii, g tS.

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PROGRÈS DE l'ennemi EN LANGUEDOC, EN GUYENNE. 32)

(levant lui les marches d'Anjou et de Maine tout ouvertes, et menaça de relier l'invasion des provinces de l'Ouest à celle des provinces du Nord, déjà commencée par les garnisons mises dans Paris, Meaux et LaFère.

Dans le Languedoc, le ligueur Antoine-Scïpion de Joyeuse succéda à t'aiiUtrité de son père Guillaume sur Toulouse et le Languedoc occidental, s'appuya comme lui sur les Espaguob, et tut contraint de les mettre de part avec lui dans son gouvernement et dans les conquêtes qu'il fit. Ayant reçu de Philippe II un cor^ d'AUemimds auxiliaires, il se sùsitde plusieurs villes en Languedoc sur le gouverneur royal Montmorency, et lui enleva Carcassonne, la seconde ville du pays. H défît deux fois les royaux à Lautrec et à Lacourt daûs les mois de mars et

. de juin, entra dans le Quercy, pays dépendant de la Guyenne, prit quelques places secondaires, et attaqua Villemur avec le dessein d'occuper tout le Quercy et de pénétrer ensuite dans l'intérieur de là Guyenne. Presque toutes ses forces étaient étrangères. Sur ce point donc on retrouve l'invasion espagnole , et on la voit poussant une pointe menaçante vers les provinces centrales de la France. En Guyenne même, Philippe faillit s'emparer de Bayonne au moyen d'un complot que devait aider une armée de terre et de mer (août). Un hasard fit échouer l'entreprise ; mais toutes les places frontières étaient travaillées par de semblables menées, et ne conservùent plus qu'une indépendance incertaine et précaire '.

En Provence, après la mort du brave et loyal La Valette, le nord du pays fut maintenu dans l'obéissance de

. Henri, par l'énergie du Parlement royal résidant à Siste-

. V, p. 1(3-143, H8, 506, — P. Cayel, 1. ÎV, p. 868-371, t07 B. - D'Aubigné, Hist. univ., 1. m, p. Ï71.

* LeUres missives du 17 Kvrier, t. Dl, p. Ï7S. — Thnaoua, 1. cui, H 16, n. p. 18(M6*. — P. Cdjel, 1. lï, p. 887, 888, 88B.

3SS LIV. II. GB. V. PROGRÈS DE L'ifNNEMI EH PROVENCE, EN

ron ', et par les secours que Lesdiguières y amena de Dauphiné au commtoicéinent de l'année. Dans la partie méridionale, le duc de Savoie, ayant rompu avec la comtesse de Saiilt, avait été chaSsé de Marseille l'année ptécédeniè, et cette année il perdit toute autorité dans Aix. Mais il conservait Berre et Grasse, et dans sa conquête momentanée d'Ântibes, qui eut lieu le 7 août, il fit'un butin immense qui épuisait le pays et le laissait sans Héfeose. Déplus, le roi d'Espagne, bien plus redoutable à la France, hérïta de presque tout ce qui échappait à son gendre. En effet, Marseille étant tombée çu pouvoir des deux tyrans Casaulx et Louis d'Aix, Philippe II en fit ce que Bussy le Cl«^ et les chefs des Seize avaient été à Paris, les agents de ses desseins, les promoteurs de son usurpation. De plus, il envoya une flotte dans le port de Marseille pour préparer les voies à sa conquête *.

En Dauphiné , durant l'absence de Lesdiguières , alors occupé en Provence, la trahison du gouverneur royal Maugiron livra Vienne, la seconde ville de la province, au duc de Nemours, gouverneur pour la Ligue du Lyonnais (10 juillet). L'ambitieux Nemours, presque aussi hostile à Mayenne qu'à Henri, voulait rétablir à sou profit l'ancien royaume d'Arles, en détachant le Lyonnais et le Dauphiné du corps de la monarchie. Mais l'armée du duc de Savoie, avec laquelle il exécuta cette entreprise, était presque entièrement composée d'Espagnols et d'Italiens du Milanez, sujets de PhUippetl ^. Làdonc, comme

< Le parlement royaliste de Provence retourna la même année, et qnelque temps après, à Manosipie.

* Lettres missives des S décembre 1B91 et iT février 159!, t. in, p. 51S, S7Î, S73. — P. Cayet, 1. iv, p. 38i, 3BÎ. — Tliuanus, I. cui, Md.

■ P. Cayet. 1. iv, p. 379 B. n Le duc de Savoie &st assembler «es B troupes auprès dn lac du Dourizet, où se Ironvèreot »epl h huit a mille Espagnols, Savoyards, Italiens, lesquels, sons la conduite du a comte OlivarËs, se rendirent tous à Lyon. »

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PROGRES DB L'BNNEHI BN LTOMNAlâ.

en ProveDce, comme en Lauguedoc, comme en Bretagne, les Espagnols se montrent derrière les ligueurs, marchent à leur suite, pour se saisir de la proie qui ne fait que passer entre les mains de la Ligue, et qui' s'arrêtera dans celles de l'étranger.

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32i LtV. II. CH. Tl ÉTAT ISS PARTIS DE MAI 1593 A JANTIEn 1593.

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