DES ESPAGNOLS EN BRET&CNE
la sollicitude et les justes crtùntes du roi. Pour arrêter les progrès de Philippe II en Bretagne, il traça un plau plein de sagesse, en liant ce projet à Tétat et aux besoins des pays voisins. Depuis la réductiou presque entière du Maine et de l'Anjou sous la domination royale en 1590, la ville de Craon, située dans la Marche d'Anjou, aux confins de la Bretagne, était devenue ta capitale et le centre des opérations de la ligue angevine. Tous les ligueurs de l'Anjou et du Maine s'y étaient réfugiés, et ils partaient de ce point pour répandre la dévastation dans les deux provinces. De plus, Craon avait été transformé en avant-poste, qui couvrait la partie de la Bretagne insurge, Mercceur et les Espagnols. Le roi ordonna au prince de Contî, son lieutenant-général, de rassembler le plus de troupes qu'il pourrait, et au prince de Dombes de lui amener toutes celles dont il disposait en Bretagne, français, anglais «t allemands auxiliaires. Les deux corps d'îirmée devaient attaquer Craon de concert, et après avoir pris cette place, délivré le Maine et l'Anjou de ravages, se porter ensuite contre Mercceur et les Espagnols en Bretagne, Dans cette excellente combinaison, lesforcea royales réunies et concentrées pour les deux, entreprises, ne laissant rien derrière elles qui put les inquiéter et faire diversion, commandées par deux princes du sang, et par les plus vaillants gentilshommes de trois provinces, trouvaient des chances presque assurées de réussite. Les ordres de Henri furent suivis pour la jonction des troupes, mais l'exécution fut déplorable. Les royaux ayant mis le siège devant Craon, Mercœur et les Espagnols s'avancèrent pour le faire lever. De Lestelle, l'un des chefs royalistes, qui ce jour-là se montra un grand homme de guerre, proposa d'attaquer les confédérés, au moment où la moitié de leiu* armée avait passé l'Oudon, tandis que le reste étùt encore arrêté au-delà de la rivière. Ce con-
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