PROGRES DU TIERS-PARTI, DANS LE PART[ HOYAL
' In luicllleariun ilu pnyii (ÏT jAnvIrr 1993). Déclarnllun da ni du i» janvier 1563, iiDni)ni;>nl t la FraOEc et k L'Europe eaUin qu'il rai prM i r^allwr la promnoe d'abjurer et <lc ae cnnicrtlr, qu'il a faite Taun^ fticéAeaxe.
Dans le même temps que HeDii avait à gémir et à s'inquiéter de ces pertes essuyées sur les divers points du térritâire, il voyait les principes tle dissolution se développer au sein de ce parti royal qui, depuis trois ans, avait fait seul le salut du pays. A partir de la fin du mois d'avril, et après le mauvais succès du siège de Rouen, le Tiers-parti s'était grossi de d'Aumont, de Longueville, deNevers, et d'autres chefs royalistes. On voit dans la correspondance des ligueurs ViUeroy et Jeannin pendant le moisdemai,que ces chefs étaient entrés en relations suivies avec Mayenne qui les trompait, et n'affectait de vouloir s'entendre avec eux pour paciBer la France, que dans le double but de les débaucher du parti du roi, et de les opposer à Philippe II, pour ralentir les poursuites de ce dernier. On voit que ces seigneurs prévoyaient le cas et annonçaient le~ moment ofi ils abandonneraient le roi, si dans un délai fixe il ne leur donnait satisfaction au sujet de la religion et<des intérêts de leur ambition tout ensemble ', On voit encore dans les divers écrits du temps que les grands seigneurs des deux partis pressentaient la prochaine dissolution de l'Etat, et s'apprêtaient chacun à en saisir un lambeau.
Ces mauvais vouloirs et c*tte désaffection, ces projets égoïstes et insensés, ôtaient toule force sérieuse et durable au parti national, en morcelant, en éparpillant ce qui, rénni jusqu'alors en faisceau, lui avait permis de résister à Tétranger. Un nouveau et plus pressant danger le menaçait encore, La Ligue allait entrer forcément dans l'élection d'un roi. Cette faction, comme le déclare Villeroy,
■ Lettre de Jeannio & Villeroy t U date du S mai 1592, Apol. ei , dise., l. u, p. 191 B.
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326 LtV. II. CH. VI. LA LIGOB A LA VEILLE DB L'ÉLECHON D'UH ROI.
ne pouvait plus se soutenir avec l'autorité bâtarde de k lieutenance-géaérale de Mayenne, encore abaissée et affaiblie par ses défaites. La Ligue avait iodispensablemeat besoin d'un pouvoir plus légitime , pins franc el plus fort '. D'une autre part, Philippe II exigeait l'élection, et Mayenne, à bout de mensonges et de promesses trompeuses, était obligé de la lui concéder pour obtenir de lui les armées et l'argent qu'il ne voulait plus accorder qu'à ce prix. Enfin, le nouveau pape Clément VIII, élevé comme son prédécesseur au pontificat par la faveur de l'Espagne, entièrement livré comme lui à Philippe II, pressait la France de se choisir un souverain, et un souverain catholique. Il s'adressait à la fob aux princes et aux villes de la Ligue, comme l'établissent ses bnh adressés au duc de Nevers et à la ville d'Arles (15 février et 7 mai) . II les pressait, tes conjurât de sauver la France et la foi catholique. Par un autre bref en date du 1 5 avril, il déléguait expressément son légat en France, le cardinal de Plaisance, l'un des diplomates les plus adroits el les plus actifs de ce temps, pour concourir à cette élection, n excluait du trône Henri I^ qu'il nommait un tyran hérétique ; il demandait qu'eu son lieu et place on choisit un roi catholique qui pût le terrasser et l'exterminer *.
Pressé par ces autorités et ces nécessités si diverses, Mayenne, dès le commencement de 1592, avait formelle* ment consenti l'élection d'un roi et la convocation d'une
< VUleroy, Apol. et dkc,, p. 107 A. r Le duc de Mayenne oe pottn voit plus maintenir le porty saia un ro]r. •>
■ Breb du pape Ciémeot VIII dans les Ane. lois fraoçiiaes, t. iv, p. 87, 38, Ss. a Veatne sunt partes regni isUus ftalutem et catbolicK » Bdei causam conloeri, cai utrique rei iotesliis Bnima stque bihùj » tyraaniu fumHcus. Illiiia fUrori oppooalur virtos régis optiini verèqofl « cIiriBlianLdsimi. Fore enini omnes vident ut hoc facto ilHus Tires » minuantur et pltuà conddant. »
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