LES ROYAUX PROPOSENT UNE CONFÉDEHCB POUR AVISER K LA PAIX
Henri avait à fortifier ces salutaires dispositions, et à dissiper les derniers scrupules que le manifeste de Mayenne et l'eshortation du légat avaient pu Ifdsser chez UQ certain nombre de ligueurs honnêtes, mais timorés. H avait aussi à raffermir les catholiques royaux et à cou* tenir le Tiers-parti. D le fit par deux actes, correspondant et satisffdsant aux dei]x grandes passions de la majorité nationale, soit ligueuse, soit royfde, l'ardeur du catholicisme, le désir de la paix. Avec son autorisation et sa
D ment ce que vous avez dans le cœur. Et s'il n'y & rien que de c«u ttaoliqne, prononcez librement, au nom de Dieu, a^ec le reste dei H catholiques, que vous ue désirez rien tant que de vous noir totu a réania nous i'obéirtanee d'un roi. de nom et d'tfftl Iréi-ckritien et u catholique, a C'était, après tant d'autres actes, l'eiclusion la plus formelle donnée k Henri, et la provocation à l'ÈTection d'un autre prince pour roi. Du Vair, bu nom de la classe des Ligueurs français qn'il représentail, s'opposa aux conclusions du légat par un écrit qu'on trouve dans ses œuvres, p. 618-658, in-Folio, et qui est intitulé : RépMue d'un bourgeoie de Paris à un écrit fait eotttrt le Toy Henri IV par le cardinal Séga. — Sur les dispositions du petit commerce et de la partie honnête du peuple de Paris, voyez LeatoUe, Begisl. journ., p. lis A. a En ce mois de janvier Tust fouetté, à la porte de Paris, u un porteur de snblon, pour avoir chassé son asne aux Estata et s'en » être mocqué. Et en mesme temps eust le fouet an Chastelet. sous la M custode, le serviteur de Baudoin le meusnier, pour s'estre pareille- » ment mocqué desdits Estais et du duc de Uayenne, ayant diet tout » haut, parlant It son asne et frappant dessus : Allons, Gros-Jean, » allons aux Estata. Sur quoy tust rencontré à Paris le quatraûi bu1~
>> Hay, mon asne, qu'on te meine
» Aux Estata de Monsieur du Haine,
a ABu que tu sob de plein vol,
» Fait de François un HespagnoL a La Satire Ménippée, en s'appropriant ce fait, page 3, a dans cette drconstance, comme daus toutes les antres, ttkit un emprunt iU'histoire. — Pour ce qui regarde le curé de Saint-Eustache et ses IB.ODO paruisàeua, consultez d'Aubigné, I. m, C. 18, t. m, p. Î7S. — Pour ce qui concerne les provinces et les grandes villes de la Ligne , voyez de Thou, I. cv, § IB, t. T, p. 134 ; n Qui extra urbem erant, palam deri- » debant. o — Sully, (Econ. royal., c. 37 et tl, p. 107 A, 118 A. — Lesloile, A la date du 33 et du 34 janvier 1S9B, avant l'ouverture des Etats de la Ligue, p. 111 A, B.
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336 LIV. It. CB. VI. DÉCLARATION DU BOl DU 29 JANVIER 1593.
permission formellement exprimées, les princes, prélats, officiers de la couronne et principaux seigneurs <le son parti adressèrent le 27 janvier, aux chefs de la Lipe, une proposition solennelle ayant pour but d'opérer uoe réconciliation entre les deux partis, et de prépaier'une paix qui devait suivre immédiatement. Le moyen oflèrt était une conférence entre les deux partis. Ils établissaient que la paix était le seul moyen de sauver non-seulement les particuliers et l'Etat, mais la religion même, dont les ministres et les temples périssaient chaque jour au milieu des fureurs prolongées de la guerre civile. Ils protestaient devant Dieu et devant les hommes que si la voie de la réconcilialion était rejetée, la responsabilité des mnux résultant de ce refus pèserait sur ceux qui préféreruent les expédients propres à servir leur ambition personnelle au salut du royaume et à l'honneur de Dieu. La proposition des seigneurs était la réponse direcle à l'invitatioD que leur adressait Mayenne dans son manifeste, de prendre part aux délibérations qui allaient s'ouvrir à Paris sur les destinées de la France : sans mettre le pied dans les Étals, ils résolvaient par avance et selon le vœu de la nation la question capitale, en o&aot la paix.
Le 29 janvier, deux jours après la proposition des seigneurs royaux, Henri publia une déclaration qui n'était pas moins explicite, qui n'allait pas moins directement au but. n dtait, pour ce qui le concernait, tout prétexte de guerre, en offrant de réaliser, par les moyens les plus prompts, les promesses d'abjuration ei de conversion qu'il avait mises en avant dès la précédente année. « Pour » changer nostre religion, disait-il, nous n'avons pas » pensé faillir de désirer la convocation d'un concile, M comme nous l'imputent les rebelles... Toutefois s'il se » trouve quelque autre meilleur et plus prompt moyen, » pour parvenir à ladite instruction, tant s'en faut que
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NOtIV. OFFRE d'abjuration : RÉPONSB AD HANIFSSTE DB HATISNNE. 357
u nous le rejetions, qu'au contraire nous le désirons et » embrassons de tout notre cœur. » Le roi, mettant ensuite en évidence les artifices du manifeste de Mayenne, prouvait que le duc avait seul empêché la paix jusqu'alors, et l'empêchait encore, en chargeant ses émissaires k Rome de se concerter avec les ministres d'Espagne pour s'opposer à ce que le pape donnât audience aux ambassadeurs du roi, Ciondy et Pisany- Enfin Henri exposait les vices de la convocation et de lu composition des États de Paris, démontrait jusqu'à l'évidence qu'aucun acte valide ne pouvait émaner d'une assemblée ainsi composée , frappait formellement de nullité toutes les résolutions qu'elle prendrait, et déclarait criminels de lèse-majesté au premier chef tous les Français qui obéiraient ou participeraient de consentement ou d'effet à ses actes '. 11 ne pouvait empêcher qu'elle délibérât et votât ; mais il attachait par avance à ses décisions tout ce qui, d'api-ès les sentiments de la Ligue français, devait en entraver, peut-être même en arrêter complètement l'exécution, et les réduire à n'être plus qu'une lettre morte.
Tel était donc l'état de l'opinion publique au moment où les États-généraux de la Ligue s'ouvrirent â Paris à la fin du mois de janvier 1593. La grande majorité de la nation, tant du côté de la Ligue que du parti royal, tous les citoyens honnêtes, étrangers à la cupidité et à l'ambition, amis de leur patrie et de son indépendance, se portaient du cdté de la paix et de la reconnaissance du roi. Mais un accord entre Mayenne et Philippe II, ou bien entre Mayenne et le Tiers-parti, qu'un seul moment pouvait amener et rendre durable, l'intervention hostile du légat, la corruption des Seize, des zélés, du clergé li-
■ Poar ces d^ui paragraphes, Mémoires de la Ligne, t. v, p. S7S- Î91. — P. Cayet, I. v, p. *ï3.tt9. — Ane. lois françaises, l, xv, p. Sï- 58. — Mémoires de Cherern;, t. x, p. MO 6, SU.
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358 tIV. 11. Cfl. VI. DANfiERS DE U SITUATION, HALGRÉ CBS EFTORTS.
gueur, des gouverneurs, des mogisb^ muDicipauz dans la plupiirt des villes de la Ligue, pouvaieut encore rejeter le pays dans des complications dont la tenue des Étals et l'éventualité de l'élecUon d'un roi augmentùent k
OtlVeUTURB DES ÉTATS DB LA LIGUE.
lEPUIS L OUVEBTIIRtC DES ^ATS DE LA LIGOB JDSQU A l'abjuration du roi et a la PBOBOGATIOX DES ÉTATS DE LA LIGUE (26 JAIfVIEB-8 AOUT 1593 ').