MOYENS SUFFISANTS DE DÉFENSE ORDONNÉS POUR CALAIS
tégée par les Hollandais et les Anglais, qui n'étaient giières moins intéressés que la France à ce que Calais né tombât pas au pouvoir de Philippe II, et ne devînt pas une menace continuelle contre eux. Nos alliés se trouvaient complètement en mesure de déjouer les tentatives des Espagnols contre la place. En effet les Hollandais avaient refait et reposé leurs troupes pendant Thiver : Elisabeth avait à Douvres une armée de quinze à seize mille hommes , réunie sous les ordres du comte d'Essex , et une flotte prête à appareiller *.
Ces circonstances réunies avaient amené le roi à penser que Calais resterait à l'abri d'une attaque de la part des Espagnols ; mais elles étaient loin de l'avoir jeté dans une aveugle confiance. Il n'avait pas perdu de vue que Calais était l'une des principales clefs de la France , l'un de ses remparts du côté du nord, et il avait, d'une manière absolue, pourvu à sa défense dans une proportion considérable. Si les dispositions qu'il avait prises eussent été observées, la place, selon toute apparence, serait restée à l'abri de l'effort de l'ennemi. Il l'avait pourvue d'un amas
» Registre des despeches failles par M. de Villeroy, manuscrit de la Biblioth. impériale, Fonds franc, n** 3,456, fol. 4 recto. Villeroy, alors secrétaire d'Etal, ou ministre de la guerre, dans le passage suivant d'un Mémoire placé en télé de ses dépêches, indique les motifs de la confiance du roi dans les secours qu'il attendait, et devait attendre, de l'Angletorre et de la Hollande, pour la défense de Calais. « La royne » d'Angleterre avoit aussy assemblé une autre armée soubs la conduicle *> de M. le comte d'Essex qui esloit preste à faire voile ; et MM. des » Etats, s'eslanl reposez durant l'hiver, pouvoiont pareillement mettre » ensemble promptement de bonnes forces, pour tous ensemble se- » courir la dite ville » (Calais).— Sancy, envoyé par Henri IV ^Elisabeth, dit la même chose dans le Discours sur l'occurrence de ses njfaireSy imprimé parmi les mémoires d'Eslat, en suite de ceux de M. de Villeroy, Paris, Lacoste, in-S», p. 202.— P. Mathieu, l. H, p. 222, ajoute: « La royne » d'Angleterre avoit une armée preste à Douvres... Elle esLoit de quinze » à seize mille hommes. » Tout cela est confirmé par les témoignages de de Thou, l CXVI, § 6, t. V, p. 599; et de DavUa, l. XV, t. Hl, 2* partie, p. 59 & la fin.