LIV. V. CH. VI. VILLES SPÉCIALEMENT FORTIFIÉES PAR LE ROI
Boulenois : leur calcul était ou qu'ils contraindraient le roi à marcher au secours de ses possessioas menacées, et l'arracheraient ainsi au siège de La Fère ; ou bien que, par la conquête de ces villes, ils compenseraient la perte de La Fère, et maintiendraient la supériorité que les Espagnols avaient acquise l'année précédente sur ce théâtre dé la guerre *.
Le roi, dans la pénurie du trésor dont sa correspondance vieiit de nous présenter le tableau , dans l'obstacle qu'opposaient à de plus larges dépenses les malversations des financiers, plus encore que l'épuisement des peuples ; dans la nécessité où il se trouvait d'appliqifer à 'la continuation du siège de La Fère la plus grande partie des ressources disponibles, avait été contraint de choisir entre les villes sans importance, et celles qui défendaient réellement le territoire , et parmi celles-là même de distinguer encore entre les plus et les moins menacées. Il ^vait pu donner aux plus exposées, à Montreuil, Ardres, Boulogne, Saint-Quentin, des augmentations considérables de fortifications, de garnisons, d'artillerie, de munitions. La suite des événements montre la justesse de ces prévisions, puisque l'ennemi projeta l'attaque de Montreuil et assiégea Ardres ^. Deux motifs l'avaient détourné d'accorder à Calais ces accroissements de défense. Personne dans son conseil n'avait supposé que les Espagnols attaquassent Calais : la place , fortifiée à la fois par la. nature et peu: l'art , avait passé jusqu'alors pour imprenable dans l'opinion des Espagnols aussi bien que des Français. Déjà défendue par elle-même , elle semblait devoir être pro-
ï p. Cayet, l. VIII, p. 733-735.— Tliuanus. 1. CXV, § 19. etl. CXVI, § 3-6, t. V, p. 585, 596-601. — Davila, 1. XV, p. 59. — Ferreras, XV partie, l. X, secoude moitié, p. 100.
« Davila, 1. XV, t. lU, 2* partie, p. 57; d'Aubigné, t. Ill, l. IV, c. 9, p. 859, témoignent du soio avec lequel le roi avait pourvu aux accrolssemeuts de défense de ces quatre villes.