LIV. V. CH. VI. SECOUAS JETÉ PAR LE ROI DANS LA CITADELLE
Il rallia aussitôt les trois corps de troupes firançais : le détachement par lequel il s'était fait suivre en quittant le camp de La Fère; le corps rassemblé par le comte de Saint-Paul; les cinq mille deux cents soldats que le duc de Montpensier venait d'amener de Normandie. Il employa sans retard un détachement de ces troupes àTexécution de la première partie de son plan. Dès le matin du 22 avril, il envoya de Boulogne à Bidossan un secours de trois cents soldats, dont le duc de Bouillon protégea la marche avec un corps de cavalerie , et qui trompant la surveillance des Espagnols , parvinrent à entrer dans la citadelle. Cette troupe, composée d'hommes qui jusqu'alors n'avaient pas eu leurs pareils pour l'intrépidité, amenait avec elle une immense provision de vivres, de munitions , d'outils. Elle était commandée par Bertrand de Patras, sieur de Campagnol, et par Matelet, o esprit et » cœur ferré, » selon l'expression d'Aubigué. Campagnol ' changea en quelques heures les dispositions des soldats de la garnison, et du gouverneur. Il leur rappela avec force les ordres du roi : il leur représelita qu'il y allait de l'honneur de la France à défendre jusqu'à la dernière extrémité une place qui passait pour la plus forte de la contrée; que de là dépendait le succès de lacampagne; que le roi viendrait en personne à leur secours ; qu'ils ne devaient attendre de lui qu'un châtiment honteux, s'ils montraient de la lâcheté, mais qu'il les récompenserait magnificiuement s'ils faisaient leur devoir. Ces soldats, ainsi encouragés, se préparèrent à repousser valeureusement les attaques de l'Espagnol : Bidossan lui-même reprit cœur et retrouva l'honneur du gentilhomme. Le secours jeté dans la citadelle annulait la capitulation , en même temps qu'il donnait les moyens de prolonger la résistance.
logne (loinfi IV, p. 578). Celle suite de faits intéresse également riiisloiro, les traditions locolç^, ia peinture du caractère de Henri IV.