‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 149 sur 344 · CHAPITRE Vra · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vra

Projets et plan du roi pour la restauration de fêtât financier et militaire de la France, Il fait rentrer Rosny au conseil des finances. Premières réformes partielles opérées par Rosny. Préludes de l'Assemblée des Notables conttoquée à Houen (juillet-novembre 1596).

Importance de \m question financière dans la fin de la guerre entre la France et rEspagne. Henri projette de constituer à nouveau Tëtat financier du royaume, dans Pintërét des opérations militaires en gënëi al, et dans le but particulier de tenir sur pied Jusqu*A la paix une arraëe soldëe pendant toute l*annëe, et vëritablement rëgullère et permani>nte. — Nouvelles malversations exercëes an dëtrlment du roi et de la France. — Henri fait rentrer Rosny an Coiisell des nnancps, vers le milieu d*octobre 4596. Rosny visite qui>tre gënëralitës pour procurer au roi la somme nëcessalre à une entreprise sur Arras, et pour sMnstruire de la gestion financière. Première reforme partielle ^përëe par Rosny. Il rainnsse 4,500,000 livres du temps, et conduit ces deniers à Rouen. Efforts des financiers et des courtUans pour perdre Rosny, pour gaspiller ou soustraire les sommes apportées par lui. Il dëjoue toutes ces tentatives. — Le roi, pour gënëraliser la reforme partielle qui vient d*étre tentëe, pour faire rendre aux impôts existants le produit dont ils sont susceptibles, pour établir de nouveaux impôt -«, mettre les res*tources au niveau des dépenses, a résolu, dès le mois de juillet précédent, de s'appuyer de la représentation nationale. Il veut profiter de la présence des députés pour le rétablissement de Tordre et de la prospérité publics : instructions adressées aux députés avant leur arrivée. Raisons qui le déterminent à préférer une assemblée de Notables aux Etatsifénéranx. 1i convoque les Notables à Rouen. Préludes de cette assemblée : nomination et esprit des dépotés. ^

Tous les hommes d'État français et étrangers comprenaient combien la question d'argent dominait de Haut la rivalité entre la France et l'Espagne; quelle étroite cbnnexité existait entre l'état des finances, et les succès ou les revers des deux monarchies Le roi après s'être rendu maître de La Fère avait été contraint, faute de fonds, de licencier l'armée avec laquelle il pouvait reprendre aux Espagnols les villes qu'ils venaient de lui enkver. Le cardinal Sforza disait qu'il ne devait se tenir assuré de la conservation d'aucune de ses places fortes, tant qu'il

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n'aurait pas l'argent nécessaire pour tenir sur la frontière douze à quatorze i mille hommes de troupes régulières, entretenues non pas pendant trois mois ou six mois , mais pendant toute l'année , et jusqu'à la fin de la guerre, pour surveiller et prévenir les desseins de Tennemi. Henri, par d'héroïques efforts , presque exclusivement avec ses ressources et son crédit personnels ; avec l'aide d'un certain nombre de serviteurs fidèles, mais ne restant sous son drapeau que l'espace de quelques semaines; avec des forces régulières souvent insuffisantes; toujours intermittentes et capricieuses, était parvenu à préserver jusqu'ici le royaume du démembrement intérieur et de l'invasion étrangère. Mais les événements des deux années dont on sortait avaient montré qu'à ce régime chevaleresque et en grande partie féodal, devait succéder un régime politique dans lequel la nation entière prendrait part aux événements qui allaient décider de son sort, se chargerait elle-même de ses destinées, se préparerait une défense suffisante, et paierait pour l'avoir. C'était, pour changer le système de guerre, tout un système financier à changer en même temps. Tandis que Philippe essayait, par la banqueroute, de se rendre les ressources que réclamait T exécution de ses projets gigantesques et se nuisant l'un à Tautre, l'invasion de l'Angleterre, fa soumission de la Hollande, la conquête de quelques-unes des provinces de la France, Henri s'attachait au projet unique et restreint de trouver les fonds nécessaires pour la défense nationale, pour la continuation de la guerre en vue seule de la paix, sans rien céder du territoire de la France, tout en faisant honneur aux engagements pris, tout en laissant la fortune publique pour garant de leurs créances aux nationaux et aux étrangers. Pour se procurer cet argent, il fallait égaler les recettes aux besoins, réprimer les dilapidations des officiers de

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