LIV. V. CH. VII. ROSNT RENTRE AU CONSEIL DES FINANCES
dé Tétat précaire et de la faiblesse auxquels elle avait été réduite jusqu'alors , et prit sur ses ennemis du dedans comme du dehors un ascendant irrésistible.
Dès son entrée au Conseil des finances, Rosny obtint du roi Tautorisation de visiter quatre généralités ou recettes générales. De cette enquête devaient résulter deux effets , l'un spécial et présent, l'autre général et à venir. D'une part, il devait essayer par tous les moyens de ramasser une somme de trois à quatre cent mille écus que le roi demandait en vain depuis longtemps à son Conseil des finances , et dont il avait indispensablement besoin pour la guerre contre l'Espagne et le siège projeté d'Arras. D'un autre côté, Rosny voulait s'instruire du produit exact des impôts et des revenus royaux , de la manière dont ils avaient été administrés jusqu'alors , des améliorations dont ils étaient susceptibles , et il comptait faire servir ces connaissances à la réforme des finances sur une échelle plus ou moi^s grande, selon que son autorité serait plus ou moins étendue. Pour arriver à connaître la vérité, il fallait obtenir des renseignements suffisants des divers officiers de finances, et s'ils refusaient de les fournir, avoir moyen de les contraindre. Rosny se munit des pouvoirs nécessaires avant de commencer la visite des généralités. A son arrivée , les trésoriers de France , élus, contrôleurs, greffiers des bureaux et élections, receveurs, poussés par le Conseil des finances lui-même , ou s'absentèrent ou refusèrent de lui rien dire et de produire aa.— cun registre. Il les interdit, suspendit tous leurs offices , et en amena plusieurs à la soumission par la crainte.
Il choisit alors parmi eux deux trésoriers en chaqLrr:
bureau, et deux élus en chaque élection, pour remplir) -
fonctions de tous. Il obtint d'eux : 1° les comptes et I^F états de l'année courante et des quatre années pi dentés ; 2° le relevé exact de tous les prélèvements faiti