LIV. V. CH. VIU. NOMINATION DBS NOTABLES
aux choix qui avaient été faits * . Au reste, quel qu'ait été le mode de nomination des députés, il ne donna à Fassem- ^ée que des membres de la plus grande indépendance et de la plus grande fermeté de caractère, tels que Harlay, Groularty le cardinal de Grondy : leurs collègues se montrèrent aussi libres qu'euic de tout engagement à Tégard du pouvoir, et si l'assemblée des Notables pécha, c'est certainement par l'audace et non par la servilité.
Ainsi le roi fit élire et composa les Notables dans des conditions de liberté inconnues jusqu'alors, leur attribua des prérogatives et une puissance qu'ils n'avaient jamais
^ Sully, CEcon. roy., ch. «9, t. I^ p. 932 B. « Que comme il n*avoit » nullement voulu imiter les roys ses devanciers en Va/pectation et » désignation de certains députez particuliers -à sa fantaisie, pour en » disposer selon icelle, soit bonne, soit mauvaise, mais en avoit déféré » la nomination à ceux de l'Église, de la noblesse et du peuple, aussi » ne vouloitril maintenant, qu'ils estoient assemblez en corps, prescrire » aucunes règles, formes, bornes, ny limites. » — Mezeray« t. III, p. 1184, in-fol. Paris, GuiUeïnot, 1651. « Afin que cette assemblée fut » entièrement plausible, et que les résolutions qui s'y prendroient » passassent plus facilement dans l'approbation des peuples, le Roy » déféra la nomination de ceux qui y dévoient assister à leurs compa- » gnies, sans affecter ni désigner pas un. » M. de Larcy, Des vicissitudes politiques de la France, p. 197, remarque que dans le passage de Cbevemy, le mot choisis se rapporte à tous ordres et non à personnes, — Les lettres de convocation, adressées le 25 juillet à Martin Langlois, prévôt des marcbands de Paris, qu'on trouve dans les Lettres miss., t. IV, p. 621, portent les paroles suivantes : « Nous avons pris conseil )> de convoquer présentement une notable assemblée d'aulcuns de nos » subjects, entre les quels nous avons estimé vous devoir choisir pour M l'asseurance que nous avons de vostre fidélité.... Nous vous prions de » vous disposer à venir, incontinent la présente reccue, en nostre ville » de Ck>mpiëgne, pour vous y rendre avec Vun des eschevins de nostre » ville de Paris, » L'assemblée, comme on Ta vu, primitivement assignée à Gompiègne, fut transférée de Compiègne à Rouen. Dans la première phrase, le choix fait par le roi de Martin Langlois n'implique qu'une ratification ; n'exclut en aucune manière une élection préalable antérieure, faite par le corps municipal de Paris. Dans la seconde phrase, l'écheviii qui doit accompagner Langlois à rassemblée n'est pas nommé : donc il n'est pas choisi par le roi : donc il sera porté ^ l'assemblée par la libre élection du corps de l'Hôtel-de-Ville.