LIV. V. CH. I. CONSPIRATION DES HABITANTS DE BEAUNE ET DE DIJON
constanciés de Tentreprise. Il les fit saisir aussitôt et conduire à la citadelle, où il les contraignit, à force de mauvais traitements et de menaces, à racheter leur vie de toute leur fortune. D augmenta ensuite sa garnison de trois cents honunes^ pilla et rançonna la plupart des habitants.
L'issue malheureuse de leur première tentative, les vengeances de Guillermino et de Montmoyen n'étonnèrent ni n'ébranlèrent les Bourguignons. Ds persistèrent à vouloir sauver leur nationalité, rétablir chez eux l'empire des lois, un gouvernement modéré, leurs franchises communales, sous l'autorité du souverain légitime; et dans la poursuite de ce dessein, ils déployèrent^ à un ég"al degré, la constance, la résolution, tous les genres de courage pour l'exécution : les bourgeois de Beaune donnèrent l'exemple et entraînèrent les autres. Deux de leurs chefs, le maire Bellin et Richard, députèrent au roi l'échevin Alexan pour l'instruire de leur résolution. Henri leur accorda quatre mois de trêve, sous la condition que dans cet espace de temps ils lui feraient paraître de leur aflfection et de leur zèle. Peu après, les habitants de Dijon formèrent contre l'usurpation tyrannique de Mayenne un complot pareil à celui des bourgeois de Beaune. Instruits par un traître qui siégeait dans le conseil du roi, les présidents Jeanriiu et Desbarres mandèrent à Mayenne que s'il ne hâtait son retour, tout était perdu pour lui. Il quitta précipitamment Bruxelles, et se dirigea vers la Bourgogne. Il tenta d'arrêter le mouvement insurrectionnel en augmentant sa force militaire, et en recourant à la terreur par les sup[)lices. Il envoya devant lui un corps de cavalerie, et un réf^iment d'infanterie tout composé de Lorrains et d'Allemands. Il dépêcha à Dijon un certain Pelissier, ((ui se concerta pour les exécutions avec les chefs de la garnison. Le maire Verne et le capitaine Gau eurent la