LIV. V. CH. IX. PROJET D'ÉTABLISSEMENT D'UN CONSEIL DE RAISON
$q7i dont les membres^ choisis parmi les Notables, seraient ^ nommés pour la première fois par eux, et quand des vacances surviendraient, par les Parlements. Us partagèrent les revenus de TEtat en deux portions égales : Tune nationale, l'autre royale. La première portion montant à quinze millions de livres ou cinq millions d'écus, était affectée au gage des officiers , aux fiefs et aumônes» aux rentes et à leurs arrérages, aux dettes du royaume et des particuliers. Le Conseil de raison devait disposer d'une manière absolue de cette moitié des revenus publics, sans que le roi, son Conseil, les Parlements pussent apporter le moindre changement à la destination que le Conseil lui aurait donnée. La seconde portion, également de quinze millions, était attribuée au roi et au Conseil des finances pour les dépenses de sa personne et de sa maison, pour les firais de la guerre, de l'artillerie, des fortifications, des ambassades, des dons et pensions, des bâtiments*. L'intention de la plupart des députés était droite : ils avaientdessein, en administrant la moitié des revenus publics, d'empêcher les dilapidations exercées jusqu'alors par les agents royaux. Mais leur imprudence était extrême. Les moindres inconvénients de leurs mesures étaient de troubler et de confondre tous les pouvoirs, d'attribuer à un corps délibérant, auquel le pouvoir législatif convient seul, l'administration qui est du domaine
* Sully, Œcon. roy., ch. 70, p. 237, 238. «L'ane desquelles portions » montant à cinq millions d'escus seroit affectée au payement des gages » des officiers, fiefs et aumosnes, rentes, arrérages d'icelles, œuvres » publiques, et dettes du général et des particuliers, dont ce Con- » seil de raison auroit la disposition et ordination absolue, sans qw » le roy, son cotiseii, ni les cours souveraines y eussent aucun pouvoir, » ny qu'ils en peussent rien divertir^ changer ny innover, » La manière dont s'explique Groulart sur les actes des Notables, ch. 7, t. XI, p. 574 A, prouve la parfaite bonne foi, mais aussi Tinexpérience et l'imprévoyance de cette assemblée, dans l'établissement du Conseil de raison, et dans toutes ces déterminations.