‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 192 sur 344 · OPPOSITION DU PARLEMENT DE PARIS AUX ÉDITS BURSAUX · texte numérisé non relu

OPPOSITION DU PARLEMENT DE PARIS AUX ÉDITS BURSAUX

et intempestif, de passions mesquines, d'ambition politique. La vente des offices était un abus. Les offices étaient déjà trop nombreux, et leur multiplicité doublement calamiteuse pour le pays : en effet, d'une part, il fallait payer les traitements de tous ceux qui en étaient pourvus; d'une autre, les concussions des officiers de finances, dont on augmentait la quantité par les édits bursaux, tiraient du peuple infiniment plus de deniers qu'ils n'en versaient dans les caisses du roi. A cet égard, tout le monde était d'accord; mais la question était de savoir s'il ne fallait pas, pour conjurer Tm grand danger, user d'un a)>as existant, sauf à le détruire plus tard, en continuant, après la crise, l'augmentation de quinze sous sur chaque minot de sel , pour la suppression des offices jugés à diarge au peuple et à l'État*. Même à s'en tenir aux considérations politiques et économiques, même à ne supposer au Parlement que des mobiles purs, son opposition était une faute grave. Mais en combattant une mesure qu'il jugeait vicieuse, il consultait moins l'intérêt public que son intérêt. Il n'aurait pas été fâché de se soustraire au prêt volontaire, décidé par le roi, auquel il devait contribuer pour sa part. La création de nouvelles places de conseillers dans les Parlements et dans les autres cours de justice restreignait les gains que les anciens conseillers tiraient des épices, et diminuait la dignité etl'importance de leurs charges. Par-dessus ces considérations, le motif déterminant du Parlement était d'affermir et d'étendre les prérogatives politiques importantes que les troubles lui avaient données, et qu'il croyait trouver l'occasion de consolider. Eu acceptant et en autorisant la lieutenancegénérale du duo de Mayenne ; en rejetant plus tard la décision au sujet de l'élection d'un roi, le Parlement s'était fait une large part dans la puissance législative,

> Sully, OEcon. roy., ch. 74, p. 248 B.

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