LE PARLEMENT PERSISTE DANS SON OPPOSITION
autrefois, en pareilles occasions, on a fait un effort pour secourir l'État qui n*étoit si faible ni si allangui qu'il est à présent, chacun contribue à ce besoin.
» J'ai été sur la frontière : j'ai fait ce que j'ai pu pour assurer les peuples. J'ai trouvé, y arrivant, que ceux de Beauvais s'en venoient eo cette yille S ceux des environs d'Amiens à Beauvais. J'ai encouragé ceux du plat pays ; j'ai fait fortifier leurs clochers ; et faut que je TOUS die. Messieurs, que les oyant crier à mon arrivée Vive le Roi ! ce m'était autant de coups de poignard dans le sein, voyant que je serois contraint de les abandonner au premier jour *.
f II ne fit jamais plus beau sur la frontière ; nos |ens de guerre pleins de courage et d'ardeur ; le peuple même qui est entre Amiens et Dourlens, plus voisin des ennemis, plus résolu de s'opposer à leurs armes. Nous avons des nécessités^ nos ennemis n'en sont pas exempts; e*esl chose que nous avons apprise par leurs lettres mêmes. Ils n'ont eneore eu moyen de jeter des hommes dans Amiens, et ce m'est un rsfret incroyable de voir perdre tant de belles occasions.
• J'ai tenté des entreprises ; nous avons apporté tout ce qui étoit des hommes : Dieu ne l'a pas voulu; il a fallu subir â son ordonnance. Encore est-ce beaucoup d'avoir essayé à les exécuter, et beaucoup de terreur h nos ennemis d'avoir osé l'entreprendre.
• Je vous prie , assembler- vous, car si on me donne une armée, j'apporterai gaiement ma vie pour vous sauver et relever l'État. Si non^ il faudra que je cherche des occasions, en me perdant, de don« ner ma vie avec honneur, aimant mieux faillir à l'État ^ue si l'État me faillait. J'ai assez décourage pour l'ufi et pour l'antre '. "
Quelques-uns des plus vieux et des plus sages conseillers entrèrent dans les vues du roi, et essayèrent, mais vainement, d'y attirer leurs collègues : la majorité resta opposante. Elle continuait à s'immiscer dans le gouvernement, et l'on ne pouvait s'en mêler d'une manière plus
1 A Paris.
• Il n'est question, et ne peut être question dans ce passage que des populations entre Amiens et Dourlens^ dont il est parlé daus la phrase suivante : le roi a soigneusement pourvu À la défense de celles situé||i> entre Paris et Amiens et sur les rives de la Somme. , ^
' Imprimé dans le Journal militaire de Henri IV, p. 200 ; dans 90 Lettres missives, t. IV^ p. 743-745 d'après les manuscrits de Dupu^« Nous ne conservons pas Torthographe du temps.