LIV. V. CH. X. LIT DE JUSTICE : LES ÉDITS ENREGISTRÉS
aveugle et plus malheureuse. Henri résolu à épuiser les moyens de la persuasion avant de recourir à Tautorité, appela auprès de lui les députés <lu Parlement et leur dit : c( Qu'ils feroient commes ces fous d'Amiens qui pour loi avoir refusé deux mille écus, en avoient baillé un millioa à l'ennemi*. Que poiu* lui, il s'en iroit en Flandre se faire donner peut-être quelque coup de pistolet par la tête ; qu'alors ils sauroient à leurs dépens ce que c'étoit que de perdre un roi. » 11 ne gagna rien. Le 12 mai, les chambres assemblées refusèrent les édits : le 1 9, il leur envoya le connétable, le chancelier, l'archevêque de Bourses, |K)ur faire publier les édits, sans pouvoir en venir à bout. Alors il jugea qu'il n'y avait plus rien à attendre de leur raison pour le bien public, et que c'était à la fermeté de la couronne à y pourvoir. Usant de son droit, il tint un lit de justice le 21 , fit enregistrer les édits en sa présence, et par ses lettres du 4 juin fixa à 20,000 écus la cotisation du Parlement dans le prêt volontaire *. Le Parlement de Rouen resla également insensible aux dangers publics et aux exhortations de son président Groulart. Vainement le roi épuisa-t-il auprès de ce corps les moyens de persuasion employés auprès du Parlement de Paris ; vainement lui écrivait-il dans ces termes mêlés de raison profonde et d'éloquence. « Pensez donc aux dangers d'une invasion » plutôt qu'aux formalités des lois et ordonnances, qu'il » faut maintenant accommoder aux temps, et non préw tendre forcer par elles le temps et la nécessité. // ny a » d'irrémédiable (jiie la perte de l'État » ^28 mai) ^ Ils
* Les deux mille écus dont parle le roi étaient destinés à payer en partie la gamisou suisse qui devait dans le principe défendre Amiens.
« Lestoile, p. 484, 285. — Lettre du roi au connétable, allocuUon et lettre du roi au Parlement de Paris, dans les Lettres missives, t. IV', p. 764, 772.
3 Lettre close du roi au Parlement de Rouen en date du 28 mai 1597,