‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 198 sur 344 · LIV. V. CH. X. PRÉPARATIFS DE GUBRRE CONTRE LA FRANCS · texte numérisé non relu

LIV. V. CH. X. PRÉPARATIFS DE GUBRRE CONTRE LA FRANCS

puissance dans le pays d'Auvergne où il s'était rendu, et qu'il avait tenté de faire insurger * . Par cette active surveillance exercée de Paris sur toutes les parties du royaume, par ces précautions infinies, Henri parvint à conserver à la France toutes ses villes, et à maintenir la paix publique contre les efforts des factions conjurées.

Il avait paré les premiers coups, écarté les plus pressants dangers ; mais la situation, en cessant d'être désespérée, restait chargée d'incertitudes et de périls. Au dedans, l'on avait à craindre que la France, soit fatigue et impuissance , soit étonnement et découragement , ne répondit mal à l'appel du roi ; que les factions ne revinssent à la charge, et à la suite d'une tentative plus heureuse ne décidassent des soulèvements. Au dehors, dans le temps même où les faits dont on vient de voir l'exposé s'accomplissaient, dans le coursdu moisd'avril, Philippe II et l'archiduc Albert préparaient les moyens d'attaque contre la France avec un redoublement d'activité et de passion. Conformément aux instructions du roi catholique, l'archiduc ordonna et disposa tout pour la levée d'une armée de 28,000 hommes, la plus nombreuse que les l^lspagnols eussent encore mise sur pied dans les Pays- Bas, en attendant qu'il put la soudoyer et marcher à sa tète 2. Elle devait se composer d'un corps nombreux d'in-

* Lestoile, p. 283 B, 284 A, 285 B. — Groulart, ch. 7, t. XI, p. 575. — Registres secrets du Parlement de Normandie aux dates des 19 et 30 avril cités par M. Floquet, t. IV, p. 115-118.— Lettre de d'Ossat à la date du 20 avril 1597, t. IV, p. 4G4, 465. Amsterdam, P. Humbert, 1708, iu-12. — Lettres missives aux dates des 12 et 26 mai, t. IV, p. 763, 767.

s De Thou, 1. CXVIII, § 7 et 12 du texte latin, t. V, p. 678, 682, porte l'armée rassemblée dans les Pays-Bas par l'archiduc Albert à vingt-buit mille hommes, dont sept mille Allemands laissés par lui à la garde des Pays-Bas, et vingt-un raille Espagnols, Italiens, Wallons, conduits en France pour le secours d'Amiens. A mille soldats près, ce chiffre se rapporte à celui fourni par le roi, dans sa circulaire

PROJETS d'attaquer LA FRANCE AU NORD. A L'eST, A L*OUEST. 339

fanterie que les lieutenants de Philippe II amèneraient du Milanez ; des vieilles bandes espagnoles qui avaient survécu aux sièges de Calais et de Hulst ; des garnisons tirées des places fortes, lesquelles seraient remplacées par des soldats levés en Allemagne, qu'on opposerait au prince Maurice et aux Hollandais. En informant Hemantello de ces préparatifs, Albert lui mandait qu'il le secourrait, quand bien même Anvers et Bruxelles devraient se perdre, avec tout ce que le roi d'Espagne possédait dans les Pays- Bas. Certes ni Philippe II ni l'archiduc ne pouvaient tenir, et ne tinrent pas à l'idée d'abandonner les Pays-Bas, que le premier considérait comme la dot la plus assurée qu'il put constituer à sa fille de prédilection Claire-Eugénie ; et le second, comme sa souveraineté à venir et prochaine : c'est ce qu'ils prouvèrent l'un et l'autre peu après. Mais Temportement des termes dont ils se servaient marquait l'excès de leur irritation contre la France, et annonçait la guerre à outrance qu'ils projetaient contre elle. En même temps, Tarchiduc sollicitait par lettres le duc de Mercoeur de recommencer la guerre : il lui annonçait qu'une flotte, armée dans le port de Ferrol en Galice, débarquerait incessamment des troupes sur les côtes de France, et assurerait en Bretagne la supériorité au parti hispanoligueur sur le parti royal : il obtenait que le duc rompît les négociations entamées avec les plénipotentiaires de Henri* . Par d'autres lettres, Albert pressait le duc de Savoie d'envahir le Dauphiné avec une armée. Il voulait

da 16 septembre, imprimée parmi les Lettres Miss., t. IV, p. 844. — Daviia, l. XV, t. III, 2« partie, p. 115, ne parle quedeTarmée menée en France par l'arcbiduc, et en porte le nombre plus haut.

» P. Cayet, 1. IX, p. 760 B. -- Matthieu, 1. II, p. 233 et 250 § 3. — Mém. et corresp. de Duplessis-Moruay, t. Vil, p. 176-187. — D'Aubigné, 1. IV, c. 16, t. Ul, p. 387, 388. « Entre les dommages qu'apporta » ceste prise (d'Amiens) il arriva que les restes de la Ligue, et surtout » le duc de Mercceur, en prit occasion de didcontinuer les traitez » commencez. i>

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