‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 211 sur 344 · LIV. V. CH. X. LES APPROCHÉS DE LA PLACE ET LE SIÈGE · texte numérisé non relu

LIV. V. CH. X. LES APPROCHÉS DE LA PLACE ET LE SIÈGE

renforts, et comptait alors dix-huit mille hommes. On résolut de commencer sans retard les approches de la place. Elles présentaient les plus grandes difficidtés: le nombre des assiégés leur permettait les sorties fréquentes : les murailles étaient garnies de soixante canons, trente de batterie basse, et trente pour les défenses : cette formidable artillerie était dirigée par d'habiles officiers italiens '. Le roi agita avec son conseil de guerre le noode d'attaque. On fut frappé de l'effet inévitable et meurtrier du feu des batteries ennemies : on considéra qu'à la suite des guerres continuées depuis tant d'années, le royaume était extrêmement épuisé d'hommes, et la noblesse diminuée de plus de moitié ; que la saine politique, autant que l'humanité, prescrivait de ménager la vie du soldat. En conséquence le roi décida qu'on ferait les approches à la faveur des tranchées, quoique ce travail dût être plus difficile et plus long. Biron, après avoir fortifié de redoutes la Madeleine et l'Hcrmitage ou chapelle de Saint-Montan, commença à ouvrir trois tranchées, la tranchée des Anglais, la tranchée Royale, la tranchée deNonestan, toutes dirigées vers la partie de la contrescarpe qui avoisinait la porte Montre-Écu. Les soldats construisirent des barraques en bois pour se garantir de Tintempérie des saisons, et le roi leur ayant accordé trente sous par toise d'ouvrage, ils se portèrent avec ardeur aux travaux: les Suisses et les Anglais, les vieux régiments français de Navarre et de Picardie donnaient l'exemple aux recrues*. Ilernautello et sa garnison proportionnèrent la défense

1 Davila, 1. XV, p. 105. — D'Aubigné, 1. IV, rh. 16, p. 389. a En juin » commeiicùrent les approclies qui fureut de dure digestion. »

* Lf^ttre Miss, du 13 juillet, t. IV, p. 810. « Si nous n'eussions faici n besogner nos soldats à trente sous ia toise, nous ne ftcrions pas *i » près des fossez d'Amiens. » Celte lettre énonce les travaux d'approches de la place exécutés depuis un mois. — Davila, I. XV, p. 104 à la lin.

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