‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 212 sur 344 · LES DIFFICULTÉS FINANC. LEVÉES UNE PREMIÈRE POIS PAR ROSNY · texte numérisé non relu

LES DIFFICULTÉS FINANC. LEVÉES UNE PREMIÈRE POIS PAR ROSNY

à Tattaque, combattirent à outrance pour troubler et retarder les travaux, pour tenir les assiégeants éloignés de leurs murs, pour donner le temps à Tarchiduc et à l'armée espagnole de venir à leur secours. Du 29 juin au 5 juillet, ils firent une sortie et livrèrent un combat chaque jour. Les pertes qu'ils avaient essuyées dans deux de ces actions, ayant un peu ralenti leur ardeur, Biron eut le temps d'établir dans l'Hermitage onze grosses pièces d'artillerie qui, foudroyant toute la plaine, empêchaient les Espagnols de sortir de la contrescarpe, et protégeaient les travailleurs. Pendant la relâche que les ennemis donnaient à leurs attaques, une difficulté étrangère à la guerre surgit tout-à-coup, et menaça le succès de l'entreprise : le roi eut à craindre une première fois que les opérations militaires ne fussent arrêtées par le qfianque d'argent. A peine investi de la principale autorité dans les finances, Rosny avait conduit au camp, le 20 juin, une première voiture chargée de 150,000 écus^ et destinée à la montre des troupes pendant le mois de mai * . Cette solde reçue, plusieurs corps de l'armée réclamèrent avec une inqualifiable impatience celle du mois de juin, et au commencement de juillet en hâtèrent le payement par des actes d'indiscipline : le 8 juillet, le roi voyait, avec un juste efiroi, les désertions se produire dans le corps des canonniers, et les officiers refuser un plus long service s'ils ne recevaient de l'argent. En quelques jours, Rosny écarta cette difficulté, fournit les fonds nécessaires pour satisfaire à cette exigence, tira le roi de cet embarras et de ce danger *.

« Sully, CEcon. roy., ch. 75, p. Î50 B, mentioime les voitures d'argent qu*il amena chaque mois au camp pour la solde de Tannée. La première qu*il y conduisit arriva le 20 juin, conmie on le voit par cette lettre postérieure du roi. Lettre Missive du Î7 juillet, t. IV, p. 813 : a La monstre dernière futfaictele vingtiesm* du mois passé » (20 juin).

» D'Aubigné, t. lll, 1. IV, ch. 16, p. 389.— BenUvoglio, 1. XX, t. IV,

.ITiO UV. V. r.H. X. LA r.RANDE SORTIE DES ESPAGMOLS DC 17 JUILLET.

Les travaux exécutés en commun par les soldats et par les pionniers encore accrus de nombre, avaient été poussés avec une extrême vii^eur. et au milieu du mob de juillet^ les tranchées n'étaient plus séparées du fossé rpie par un faible espace. Hemantello résolut alors de faire un suprême effort, une dernière tentative pour roinet les tranchées, enclouer les canons de 'Biron, détruire iVxiu coup tout ce que les assiégeants avaient fait jusqu'alors pour les approches de la place. I^ 17 juillet, il fit une grande sortie, une sortie dans laijuelle il engagea les rx)rps les plus braves de sa garnison, infanterie et cavalerie. Les Es[>agnols attaquèrent les Français à midi, à r improviste et par deux endroits à la fois ; pénétrèrent à plus de deux mille pas en avant dans les tranchées, tuant h chaque redoute tout ce qu*ils rencontraient; mirent en fuite le régiment de Navarre ou celui de Champagne d'après les témoignages divers des contemporains ; taillèrent en pièces une partie du régiment de Picardie avec perte de cinq cents soldats et des trois mestres-decanip, l'un des frèn\s Montigny, Flessan, FoucqueroUes. Poussant ensuite leur avantage, ils arrivèrent en vue de rilermitago, et se disposèrent à emporter les redoutes et à enclouer les canons (jui les garnissaient. L'entrée des redoutes était fort étroite. Biron , avec quatre gentUsliommes de sa suite et une poignée de soldats, la défendit la pique à la main contre deux attaques furieuses. Mais le nombre des ennemis augmentant sans cesse, il courut ris(|ue hientôt de succomber, et sa batterie de onze canons d'être enlevée. Couvert de sang et de sueur, les cheveux

p. 95. — Dttviltt, l. XV, p. 103, 104, 107, 108. — Lettre duroi à Rosoy (lu 8 juillfit, t. IV, p. 80'i. Le roi presse Uosuy de lui envoyer de nou* veaux fonds et ajoute : « A faulte de cela, je prévois beaucoup de mal. » s'en esfiins allez d'aujourd'huy desjà cinq canont'ers, et les autres n officiers ne ooulans servir sans argent, » —Sully, OEcou. roy., ch. 75, t. I, p. 250 B, 251 B.

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