LIV. V. GH. X. MARCHE DE I/ARMÉE DE L*ARGH1DUC
s'éloigner^ il accepterait par honneur la bataille qu'ils lui présentaient, et qu'ils le vaincraient. Dans ces deux hypothèseSy la délivrance de la ville assiégée était immédiate. Enfin à supposer que le roi ne décampât point à leur approche ; à supposer qu'il n'acceptât pas la bataille et qu'Û se tînt retranché dans ses lignes, ils se flattaient du moins qu'il ne su£Srait pas à la multiplicité de leurs attaques, du côté de la ville, du côté de la campagne, en-deçà à la fois et au-delà de la Somme ; que conséquemment ils trouveraient l'occasion et la facilité d'introduire un renfort dans la place assiégée, soit du côté de l'Artois et par la porte Montre-Écu, soit du côté de la France par la porte de la Hautoye ou par celle de Beauvais ; que ce secours, joint à l'hiver qui s'approchait, à l'impuissance où se trouvait le royaume de continuer les sacrifices financiers qu'il s*imposait depuis six mois, rendraient vains les efforts de Henri, et la conquête d'Amiens impossible. De ce plan, examiné dans toutes ses parties et dans tous ses détails, était formellement exclue une attaque des lignes du roi, un siège de son camp : sur les renseignements fournis par Ilernantello , Albert et ses lieuttinants les tenaient pour une entreprise téméraire, où ils se briseraient avec perte et avec honte.. Us ne devaient renoncer à cette crainle, changer d'idée, se décider à cette attaque, qu'au cas où une trahison leur livrerait un poste qui leur donnât la facilité de pénétrer presque sans combat dans les retranchements de Henri et de les forcer.
L'archiduc se rendit à Dourlens le 12 septembre, et y établit de grands magasins de vivres, tant pour fournir à la subsistance de ses troupes, que pour en faire entrer dans la ville assiégée si l'on pouvait y pénétrer. Ce jour, il fit passer l'Authie à son armée en divers endroits et sur des ponts de bateaux. Le 13 et le 14, il s'avança leu-