LIV. V. CH. 1. L^INSURRECTION VICTORIEUSE, SAUF SUR UN POINT
troupes, mais au fur et à mesure que ces pelotons se formaient, ils étaient attaqués et taillés en pièces par les habitants. Us ne parvinrent à se réunir en nombre que sur deux points : dans la rue Dijonnaise et aux environs de la citadelle , où plusieurs compagnies avaient leur logement. Ceux de la rue Dijonnaise ne résistèrent pas à une première attaque très vigoureuse dirigée contre eux par les citoyens : ils furent détruits ou dispersés. Près du château, le combat fut plus opiniâtre et le succès plus disputé. Les soldats étaient soutenus par la garnison du château, et commandés par trois de leurs oificiers qui , à travers mille dangers , étaient parvenus à se faire jour jusqu'à eux. Ils se mirent en ordre de bataille, attaquèrent les bourgeois dans la rue des Tonneliers , et suspendirent un moment la défaite partout ailleurs consommée de la troupe. Les habitants tournèrent contre eux la batterie que Mayenne avait dressée à la tète de cette rue pour tenir en bride la population > et sous ce feu les contraignirent bientôt à quitter la rue des Tonneliers et à se retirer dans celle des Boissons. Là la lutte recommença avec acharnement ; mais le second des frères Richard et les bourgeois sous ses ordres, après des prodiges de valeur, mirent une partie des soldats hors de combat et contraignirent les autres à fuir. Tous les débris de la garnison de la ville , infanterie et cavalerie, au nombre d'environ trois cents hommes , se réunirent dans la rue Belle -Croix, et protégés par le canon et la mousqueterie de la citadelle, parvinrent à se maintenir dans ce poste. Ce fut le seul qu'ils gardèrent : tous les autres quartiers, toutes les autres rues de Beaune étaient au pouvoir de l'insurrection victorieuse.
Les habitants, avec une intelligence qui ne leur fît pas défaut un moment , prirent aussitôt les mesures nécessaires pour empêcher les soldats de regagner du terrain ,