‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 226 sur 344 · EN CHAMPAGNE, VAINES TENTATIVES DES ESPAGNOLS · texte numérisé non relu

EN CHAMPAGNE, VAINES TENTATIVES DES ESPAGNOLS

lendemain à un combat qu'elle déclina (3, 4 octobre), a La présentation de la bataille et le refus d'icelle, dit Sully, sonna fort haut aux pays estrangers w , çt l'événement qui suivit ne détruisit pas Teffet de cette hardie démonstration. En s'éloignant d'Arras, le roi alla tenter le siège de Dourlens. Les pluies continuelles qui survinrent, l'approche de l'hiver, le nombre resitreint des troupes qui lui étaient restées lui ayant ôté l'espoir de réduire promptement cette ville, le 16 octobre il mit en garnison son ar- ^mée, à laquelle il continua sa solde, pour la trouver prête à marcher au printemps suivant *.

Ce petit revers se perdit et s'eflFaça dans la reprise d'Amiens, l'attaque d'Arras, et les nombreux avantages obtenus durant le siège d'Amiens par les gouverneurs et lieutenants du roi, en Champagne siu* la frontière du Nord, en Bretagne sur la frontière de l'Ouest, en Dauphiné et en Savoie sur la frontière de l'Est. Partout les chefs, portant les armes pour Philippe II ou ses alliés, essuyèrent des revers : partout l'invasion espagnole fut refoulée.

Depuis la perte d'Ardres, le roi avait fait un choix sévère des gouverneurs de places. La vigilance et le courage de ces officiers prévint et déjoua les desseins successivement formés par l'archiduc Albert, par les capitaines, par les populations espagnoles des provinces voisines, pour s'emparer des villes de Champagne, sises aux bords de la Meuse, Mézières, Sedan, Mouzon, Rocroy, Maubert- Fontaine. Dans la seule entreprise contre VÛlefranche, à laquelle les Espagnols, commandés par le capitaine

' Lettre du roi à sa sœur du 28 septembre, et autres lettres des 3, 6, 9, 11, 16, 27 octobre, daua le recueil des Lettres Missives, p. 855, 858, 859, 864, 865; 866, 868 , et dans les Lettres inédites de Henri IV, recueillies par le prince de Galitzin, p. 245. — Sully, Œcon. roy., di. 79, p. 268. -- A la date du 16 octobre, le roi n'est déjà plus devant Dourlens : il s'est rendu à Amiens.

398 Liv. V. ce. x. en Bretagne, échecs de mercobur, db ST-L4imEiis,

Gaucher, donnèrent un commencement d'exécution, ils perdirent trois cents soldats tués sur la place, cent vingt faits prisonniers, avec tous leurs officiers (4 août) *.

Le duc de Mercœui* avait résolu de se saisir de Chinon dans la Touraine, de Ghâtellerault dans le Poitou, et d'attaquer l'Anjou. Tous ces desseins furent ruinés par suite des échecs qu'essi^jra coup sur coup son lieutenant Saint-Laurens. Le chef royaliste La Tremblaye défit une première fois Saint-Laurens au bois de la Roche, sur le chemin de Messac. Les ligueurs comptaient au-delà de six cents soldats : cent cinquante restèrent sur la place ; le reste des gens de pied fut mis en fuite, et grand nombre assommés par les paysans (20 juillet). Saint-Laurens, réfugié à Dinan, forma un nouveau corps de troupes, tiré des garnisons voisines. La Tremblaye, uni aux Malouins, attaqua et détruisit deux cent cinquante hommes de ce corps, postés à Saint-Siriac, paroisse proche de Saint- Malo, sur la rivière qui va à Dinan. Il assiégea ensuite le château du Plcssis-Bertrand qui servait de refuge aux ligueurs, après leurs courses dévastatrices dans la province . La Tremblaye fut tué à ce siège, et Saint-Laurens s'avança pour dégager la place. Les capitaines de la Tremblaye, quittant le siège, marchèrent à sa rencontre, le défirent, lui tuèrent six cents soldats. La perte résultant de ces trois défaites, disent les contemporains, fut estimée la plus grande que les ligueurs eussent encore essuyée dans cette province. Elle réduisit le duc de Mercœur à une complète inaction pendant le reste de la campagne. Dans le même temps, un autre chef ligueur, plus lié encow avec les Espagnols qu'avec Mercœur, vit la moitié de ses

1 Discours véritable de la défaite des Bour^ignoDS (sigets du roi d'Espagne) à Villefranche, dans les Mém. de la Ligue, t. VI, p. 49S-5«f . — P. Cayet, l. IX, p. 765. — Thuanus, 1. CXIX, § 3, t. V, p. 700, 701. Villefiranche est située à sept lieues de Sedan , entre Stenay et Duo.

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